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Full text of "Suite du plan d’instruction publique / présenté par A.H. Wandelaincourt."

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C O N Y E N T 1 O N N A T 1 O N A L H. 

SUITE 

D U 

PLAN 

D* INSTRUCTION PUBLIQUE, 

PRÉSENTÉ 

Par A. H. WANDELAINCOURT, 

Député du département de la Haute-Marne'; 

Imprima par ordre de la Convention kationàli. 



Nécessité de faire entrer Vétille des Arts dans notre 
nouveau Plan d'Instruction. 

J_jeS mœu-s et les arts suffisent pour rendre un état 
Y :ureûx et !! ri sans mœurs et sa:is art* \ 

fociete ne peut subsister. Par conséquent uti da \ 

A 



grands vices de L'ancienne instruction, c'est qui! n'y 
i as même question des arts. C'est à cette né gli- 

a ecc oubli qu'on doit attribuer la Lenteur avec 
laquelle les a perfectionnent, le peu d'industrie 

que L'on remarq le parmi le plus grand nombre de» 
ouvriers, ce l'avilissement où oui \ a ma n- 

tenant les artisans et les artistes , qui rendent cepen- 
dant a la société les services les plus importons. C esc 
aussi pour cela qu il a fallu que nous dussions au 
ird nos plus belles découvertes , et que tant d'heu- 
s inventions, dont jouissoient nos ancêtres, sont 
rentrées dans le néant. 

Il ( où sans doute réservé à notre révolution de 
rendre aux arts le crédit qu'ils méritent , et la pre- 
mière place dans l'éducation de notre jeunesse. Pour 
cela, il nous faut des livres élémentaires sur les :. 
et nous n'en n'avons aucun, que je sache ; nous n'eu 
n'avons pas même pour l'histoire naturelle. A la ve- 
, on ne peut rien désirer de mieux que ce que 
Pline, Caton , Vairon , Aristote , Solin JE\\a.n , Al- 
drovande , Gessner , jfonston , Pluche , Bufïbn et 
Valmont nous ont laissé sur cette matière; mais 
ouvrages sont trop volumineux et trop scientifiques 
pour pouvoir être mis entre les mains des jeunes g 
dès le commencement de leurs études. En consé- 
quence^ j'ai cru devoir présenter , pour nos écoles 
primaires, un petit abrégé des atts ; et pour !cî 
institutions , un précis de l'histoire naturelle de 
billion , et un autre de celle de Pline. Ce travail n'est 
pas porté au point de perfection, dont il est suscep- 
tible ; c Cil L'offrande de la veuve : mais il peut servir, 
tel qu il est, jusqu'à l'heureux moment, où des m 
plus habiles nous donneront quelque chose de plu» 
parfait. 



HISTOIRE DES ARTS. 

Première P a r t i t. 

HISTOIRE 

DES ARTS M É C H A N I Q U E S. 

Dt> Arts en généra L 



D. Qu'est-ce qu'un art ? 

R. Nous devons regarder comme un art tout ce qui 
nous dirige dans quelque fonction utile au bien pu- 
blic. Ainsi 1 art est ce qui nous apprend à bien faire 
une chose qui peut être bien ou mal laite : par con- 
séquent, bâtir est un art, puisquon peut bien ou mal 
bâtir. 

D. Comment divise-t-on les arts ? 

R. En méchaniques et libéraux. Les arts mécha- 
niques sont ceux qui contribuent aux besoins de la 
société : les arts libéraux ne travaillent que pour l'a- 
grément et le plaisir, quoique souvent ils demandent 
le secours de la main. C'est des uns et des autres que 
nous entreprenons de donner l'histoire. 

A 2 



D'> A U nu h m 



D. Combien y a-t il ci a J 

R. Pr< iqua que l'h linme 

réels qu ira âme 

il 21 lin de ces arts 

regarde comme les plus vils, qui n'aient de quoi pi- 
quer notre cunofi té , nous . 

e el les pr< g es de ceux qui s< nt d un usage plus 
!.. lilier , et dont L'invention fait plus d honneur à 
1 esprit humain. 

De r habit de (h i me. 

D. O ici le fut la premîèn cause de tous les arts , et 
Éur-toui de lait d*ourdir? 

R. Le besoin , ce père de l'industrie , a produit les 
arts méchaniques , et ie goût a amené avec le temps 
les arts libéraux. 

Pour se couvrir, 1 homme eut d abord recoin 
de*> feuilles d arbres qui se tu .i main. 

Les rlgu Juk de la saison L'obligeant de recourir à un 
vêtement plus chaud et plus * ervit de 

celui qu< I i nature sembloit Lui 
animaux pour se revêtu de Leurs dépouilles. Tel 
encore l'habillement de ceux qui vîven tiiieu m 

glaces du nord. 

L'art £ ourdir. 



D. I homme ne trouva-t-il rien de mieux 

iic , ; couvrir, qu< i mx des animaux? 

R. L art de Kler grossièrement la laine vint ensuite: 



bientôt après on imita l'araignée , e't on apprit d'ell« 
l'art d'tfurdirei ; 

chaude que rTétoient les peaux d , , dont on 

s e oit couvert j ■, s. 

D. a svute à L'art d'< ai !j ? 

-R. Com es étoffes un tissu 

fort grossier, et ne formoient qu'une ca- 

nevas, on s a^isa de fermer ave i : les vui 

qui s'y trouvaient; et ce fut !.. a : . ' ' iree de 

la broderie. C'est aux . cette 

invention : ce furent eux du moins q li mirent du 
sin dans la broderie , et i ai chai g rent en beauté les 
défauts de Fart. 



D. Quel usag:e fit-on d'abord des tapisseries et de* 
étoiles brodées ? 



R. On en fît des habits ; et il n'y a pas troii 
i ns que nos pères portaient evj r 

îles de • --série, ou étaient bro- 

• , en cent m i ; ntes, les armes-cJe 

on. On sentit l'embarras et;.: i une 

s'en déc rgea, et on la fi' poi 
laquais. Bientôt même on lit servir ces 
ou à des tapis d ( e en Perse et en i 

e , ou à coi; rii et à narer les m 

. bres , comme en Europe. 

1). Quel acerc: -, 
suite des tenr 

R. On ne s'est plus cov 
encore trouvé fart de fi er le lin , la . et 

: s arbres 
rames , des dea telles et dej 

A3 



6 
D. L'usage du lin est-il fort ancien? 

R. Ce n'est gufre que depuis la décadence de 1 em- 
pire romain que L'usage s'en est répandu par- tout. 

Avant ce temps-là, on se servoit fréquemment de bains 
et de parfums; mais depuis qu'on emploie le lin, on 
n'a plus besoin de se laver si souvent, et les c< 
en sont devenus beaucoup plus propres , plus sains et 

plus vifs. 

D. Comment peut -on juger de la qualité d\ 
bonne toile? 

R. Pour bien connoître la qualité et la bonté dune 
toile , il faut quelle naît reçu aucune préparation de 
somme , d'amidon , de chaux, et d autres semblables 
drogues, qui ne servent qu à masquer les défaut 
en ôter la cpnnoissance. Lorsqu'elle n'a poi 
ces apprêts , ii est aise de s ! ap] éreevoir ii eïle 
bien travaillée et également frappée sur le m< i 
Le fil qu'on y a employé n'est point gâté ; s il < 
lerrvnt filé, également tors, également fort; 
pour qu'une toile soit bonne, il faut quelle 
bien tissu c , qu'il n'y ait aucun mélange de 
ru il soit d'une égale filure. 

D. D'où nous viennent les plus belles toiles ? 

R. T. a plus grande partie des toiles de : 
chanvre qui se < onsomment en France , soni 
des fabriques C^k\çpk&trtfujL\ rs bel 
Flandre française sont sur-toi 
nessc, pir leur blancheur, pat la bont< el 
de leur fii. Les I' ais nous en foui 

très-belles , bien connues sous le nom de 
lande. Ces U îles , q 

scrréci r l l I : " ; 



7 
province de Frise ont la préférence sur toutes les au- 
tres : on les nomme toiles de Frise. 

D. Quand a-t-on travaillé la soie? 

R. La soie est d'un usage plus ancien que le lin , 
sur-tout dans les pays orientaux : aussi est-elle d'une 
invention plus aisée. On li trouve presque toute pré- 
parée par le ver qui la produit. Cependant elle se 
vendoit encore au poids de 1 or du temps de Tibère ; 
et ce ne fut que sous Lempefcur Justinien qu'on éta- 
blir à Constantinop is manufactures/ de suit, eprès 
que deux moines, venus des Indes, en eurent ap- 
porté des œufs et de* vers à soie, avec la manièie de 
les élever. 



D. Oui sont ceux qui firent connoître !a soie 

ces pavs-ci ? 

R. Roger, roi de Sicile, au retour de sou e\ 
tion de la Tcne-Sainte , établie des manulaciu:;. s de 
soierie à Palerme. Louis XI, dans le quatorz -:..: 
t- enir de Florence des ouvriers en soie , 

s'établirent d abord à Tours. LIenri II fit planter . 
mûriers dans la Provence. Henri ÏV fit rétabli 
manufactures que les guerres de rel avoient fait 

tomber : il en établit de non . à Abbeville , à 

Sed. ls , où se fout auj^urd iiui ces éto 

si propres et si rc< I c s. 

1). Où se fabriquent : :s ûofie r . d\ i 

soie ? 

R. \ Ville affranchie et auxGobclins, a' minés 

du ! . . leur fondateur , qui \ s de 

lia.' s I er . C'est dans cette célèbre manufacture , 
1 objet de la curiosité de tous les 

A. 



s 

écute , aussi pai qu 1 le pinceau* 

. '. ■ ■ • 

- Lebrun que nous de ces 

tre que 
travaillent * i es. 

D. Don viem es :es, et comment 

s: font-elles . J 

R. Elles nous viennent d'Orient, et se font de la 
seconde écorce de certains arbres qu'on nomme 
Bananiers. Après avoir fait bouillir cette écorce, et 
apr s 1 avoir réduite en fliamens d:ms une forte les- 
sive, on lie les fils qu'on toit au fuseau , 
en fait de la toile. Les feuilles de cet a (ont si 

longues et si larges, que deux suffisent pour en 
lopper un homme. 

On dit du Lagette . nui croît dans là Jamaïque 

que son écorce intérieure est com] 
un quatorze couches, qui peuvent être séparées i 
facilement en autant de pièces , qui uime 

une espèce d'étoffe ou de toile. la pren ecs 

couches, qui vi< l : écorce , forme 

un drap assez épais pour faire des habits : les a riches 
. ; rcs re : du linge , et soin pro| 

des chemises : toutes les couches orce 

intérieure . dans les petites hum hes , pai 
comme autant de toiles de g ■ i : >i dé dente le ti s- 
e, qui s'étend ou sr resserre comme un lézeau 
de soie. On 1 

de I agette à Civile II , roi d An{ 
cc^ toiles soni - sez Fc : i 
chies comme les lo il c 5 ordinaires, 



9 

D. Quand se sont établies en France les manu- 
factures de dentelles ? 

R. Ce fut sous le règne de Louis XIV , par les 
soins de Colbert , qui, en établissant celles du Puy , 

d . .uriiiac et d Aiençon , délivra la France du tribut 
notr» luxe payoit aux nations voisines. 

La dentelle est un ouvrage composé de fils de lin 
ou de soie , même d'or et d argent , entrelassés les 
u- s dans les autres. Elle se travaille sur mn oreiller 
avec des fuseaux , en suivant les points ou piqûres 
d un dessin , par le moyen de plusieurs épingles rul 
l h. eut et se déplacent. à mesure qu'on fait agir 
les fuseaux sur lesquels les fils sont dévidés. 

Les plus fines ^et les plus belles dentelles de fil 
sotu ce: ;:: de la Flandre Autrichienne ; ensuite et 
de la Flandre f : : . parmi lesquelles les véritables 

Valenciennes se distinguent, puis celles" de Dieppe ; ■ 
ensuite celles du Havre et d'Honïleur : celles 
autres endroits sont pour la plupart grossières et 
d'un prix, médiocre , quoiqu'il s'en fasse un née - 
et une consommation très-c-bnsidérablt. 

La plus grande partie des dentelles, tant d i 

dargent- de soie que de fil, se consomment dans 

13- rcpBtérfravf\\ n'y a guèr§ que celles de scie , 

îculièrement les noires , dont il se fn c se des en- 

considérables en Espagne, en Portugal, dans 

l< Indes espagnoles , en Allemagne et en Hollande. 

D De qui nous vient le secret de teindre en 
ite ? 

1 en • irlatc est fort ancien^ Les 
iciens j irent ceux qui y réussireuc le .i;icux: 



10 

ils employèrent à cette teinture le sang d'un pc 
poisson , qu'on nomme Murex. Dans la suite on 
servit de la Cochenille , insecte qui Croît dans le 
Mexique , dont la fi gare entière est comparée à c 
de nos punaises domestiques , qui étant i 
sont grosses comme une petite lentille , d'un n 
noirâtre , sans odeur et tnt en 10 lc. Cette 

dernière manière de teindre est d'un usage Le 
plus commode, parce qu'elle teint également 
sortes d'étoffes. Ce n'est cepenc e dans 

derniers temps, et à la faveur des découvert 
miques , qu'on a pr la manière de teindre 

en éearlate. C'est à I rjr la première 

fois de cette nou s de teindre. ! \ 

s grande quantité de ci : est employée i 

la teinture en éearlate ou en cramoisi, et poui (aire 
le tannin. Cet: ance d'un rouge tendre cl 

de Iceil, est employée par le* femmes p lu 
ies couleurs de leurs joues. 

D. Quelles furent les différentes ;. 
biiier et de couper les 

R. D'abord on s'enveloppa la tête et le! 
d'une etofle qui desccndpit jusqu'aux jieds. Cet u 
dura long-temps dzn* les p ys septentri 
les longues guerres qui affligèrent la Fr 
pavb circonvoisins 

firent qu'on perdit lusi On ne 

se deht cependant que long-i 
chons , et c est sous François 1 
a porter des 



1 1 

De t Architecture, 

D. De quoi s'occupèrent les hommes après avoir 
pourvu à leur habillement ? 

R. Ils cherchèrent des demeures : d'abord ils creu- 
sèrent des antres dans le roc , où ils se bâtirent des 
huttes avec des branches d'arbres entrelacées : telles 
furent les premières habitations des hommes , lors- 
quils erroient encore sur la terre , et ciue chaque jour 
lis changeoient de demeure, pour aller chercher de 
nouvelles nourritures ; mais, quand les douceurs de 
la société les eurent rassembles , et quand ils songè- 
rent a se faire des demeures permanentes , iis em- 
ployèrent à la construction cle leur habitation des 
matériaux plus solides, comme la brique et la pierre. 
Avec ce; secours, non -seulement ils élevèrent des 
murailles, mais encore ils couvrirent le toit de leur 
maison , qui étoït plat d'abord et en forme de t< 
rasse ; et , comme ces toits se défendoient mal contre 
la pluie et les neiges, sur-tout dans les pays sep- 
tentrionaux, on les éleva en pointe : ce qui donna 
1 idée des étages, qui sont en usage dans l'Europe. 

D. Qu'ajoutèrent les hommes à leurs premiers 
é )i ftees ? 

II. Comme ] c goût de la. symmétrie est naturel a 
1 homme , ils rai e ; ; eni av« c proportion ics poteaux , 
al . s et le fermier: ce qui donna, dans la 
suite, l'idée des colonnes, des architraves et i 
fronton* , sur-tout ils èrent leur nou- 

velle h ; ' ati h d'un la 'une forte mu- 

raille pi ux ci ; i e de quelques 

- • . plus aux assiéj 



12 
Ce .un 

ennemi armé de 

D. N'a-t-on pas la ma- 

nière de fori 

poudre ? 

R. On i les a 

contre il épaissi 
fofme de triangle, pour calmer [a e des i 

vc.lcs machines de gue e, qu 
la découverte de la po ; n ; 

ouvrages et miné tous les envii r ce 

plus en plus l'ennemi du cottjs » ce, 

D. Quelle est l'époque de ce changement? 

R. L'époque et la cause de la n< u I 
fortifier les places , est Li 

de près celle de la poudie , dont auteui un 

chimiste allemand , nomn 
vivoïtvers le milieu du quatorzi 
Bacon , chancelier d'Angleterre , s 
temps auparavant, dans un ouvragé intitule : 
Secrets de la Nature et de lÀrt, da i a 

secret capable cic luire périr des tières ; 

quoiqu'èn termes obscurs, il 
c'est la poudre dont il pai e. 

.U entre dana la composition de la j oudre i - 
plus des trois quarts ci- et ie reste esi pari 

gaiement entre le soufre ei le harbon ; e u i 
r faire cent livres d poudre , 
quinze li\ res de nître , deux livre 
et quinze livres ci demie de charbon. 



D. Ouand fit-on usage du canon pour la première 
foi,? 

R. Ce fut en 1^46, \ la bataille de Çrecy , où les 
canons d'Edouard, roi d'Angleterre, mirent en dé- 
route les trouj es de Valois , ntième roi de 

France. C<:s canons netoient charges que de pierres; 
mais ils firent un ul bruit , un tel tracas , que la 
cavalerie française ne put garder ses rangs , et l.u 
bientôt rompue. Apres cette époque, l'usage des ca- 
nons devint bientôt comm m à tous les pays. Venise 
et Vienne furent les premières vilies qui firent bâtir 
des magasins à poudre. 

D. Quand commença-t-on à voir des fusils , et 

quelle lut leur premièie forme ? 

R. L invention des fusils touche à celle des ca- 
nons. D'abord ce n'étoit qu'un canon en petit, sou- 
tenu dune fourchette , auquel on mettoit le feu avec 
une mèche. On retrancha ensuite la .fourchette , en 
allégeant toujours ie poids du canon; et au-lieu de 
mèche , on se servit d'une pierre sulphureuse , qui 
s en H am me en frappant la platine qui couvre l'amorce; 
ce qui se fait par le moyen d un double ressort. 

D. Depuis quand a-t-on trouvé le moyen de trans- 
porter par-tout les canons ? 

R. Comme les arts ne sont pas toujours parfaits 
dans leur origine , on fut long temps sans pouvoir 
presque manier ces grosses j ièces de canon : ce 1 e 
fut que dans les dernières guerres d fcs] agne que le 
père Pierre Truchet inventa les afl ts roulans , pour 
pouvoir transporter le carton plus aisément dans les 
montagnes de Catalogne. 



I >. L'inve . de beaucoup 

l i îcure au < 

R. Le premiei ..' Mans- 

feld , qui se de Flandres t\ 

\ ce 1 ! e s d'r/J Lie - i 1 ' y 1 , 

puni secourii ! encrai de l'artillerie , et 

se se rvi t de I m 

tîte ville du Pays-Bas, à deux. i : . e Gueldres. 

Ou croit que ce fut h ant de Venlo, dans la 

même province de Gueldres, qui trouva cette ter- 
rible machine , i aillant à un feu d artifice, et 
que ce fut lui q ti en fit le premier essai. 

1). Oui fit servit la noudre aux mines? 

R. L'auteur de cette invention est un Espagnol , 
nommé Pierre de Navarre. Il en fit usage la première 
fuis au siège de l'Œuf, sous Ferdinand . ici d Arrazon. 

D. A ces nouvelles machines, qu ajouta-ton dans 
fart d attaquer les places? 

R. On y ajouta la manière de les employer, comme 
les batteries à ricochet, et plusieurs autres inven- 
tions , de la plupart desquelles nous sommes rede- 
'es à Vauban , qui n étoit pas moins habile dans 
L'attaque que dans la défense des places. Les heu- 
reux succès des derniers siécres de Flandres tour 
r que nous n'avons pas dégénéré dans cet art 
*depu4s la mort de ce grand homme. 

De ï.l ricui ire. 

D. A quoi 1rs hommes s'appliq :'s, ior< 

se : irent munis contre les injure ah et les in- 

le leurs eniierriis ? 

R. Ils s'appliquèrent à Fag • \ dire. 



qu'ils travaillèrent à apprivoiser les animaux d'un 
plus grand service , et à. adoucir parmi les fruits sau- 
vagef ceux qui leur parurent les plus sains et les 
plus nécessaires ; car l'homme ne lit pas croître de 
nouvelles plantes : elles lurent toutes produites au 
commencement par le premier principe des choses, 
et répandues sur la surlace de la teire pour le be- 
soin de l'homme , à qui il laissa le soin de les faire 
valoir .' 

D. Que fit -on pour adoucir les fruits sauvages ? 

R. Toutes les plantes dont on espéra tirer quelque 
utilité , on les transporta du fond des forêts dans 
des vergers; et par les soins qu'on en prit et 1 abon- 
dance des sucs qu'on leur communiqua en façon- 
nant la terre, on vint à bout de corriger l'âpreté 
de leurs fruits. 

D. Quel fut le premier fruit de la terre qu'on cher- 
cha à faire croître et multiplier? 

R. Ce fut celui que chaque peuple dans son pays 
trouva le plus nourrissant et le plus agréable. On 
s'apperçut bientôt cependant du peu de substance 
qui «e trouvoit dans la plupart de ces fruits , et du 
besoin où l'homme étoit d'une nourriture plus solide 
tt plus légère. On trouva Puu et l'autre avantage dans 
le froment ; ce qui fit qu'en peu de temps il devine 
la nourriture de presque tous les peuples. Quelques- 
uns cependant se sont contentés dss premiers fruits 
qu ils trouvèrent d'abord chez eux, comme les Chinois 
qui se contentent de ris, et quelques peuples de 
1 Inde qui ne se nourrissent que de dattes sau- 



i6 

D. Quand le froment fut trouvé , que fit-on? 

R. On l'écrasa d abord entre deux pierres, et on 
: ripa ci, . c de l'< au, 

, qu'on c 
Jour. Il est sur] mention des 

ttyns à eau qi c dans le le; car j 

qu'alors il falioit un grand nombre de r le 

.il de la meule. Le pain cuit aussi-t 5 le 

;c de la farine cl de i ea i, etoit Ipu 
]. - if, de difficile digestion. Lorsque le hasard voulut 
qu on mêlât un reste de vieille pâte avec la nouve 
sans prévoir futilité de ce mélange, ci par le <>eui 
principe de l'économie, alors le pain en devint plus 
léger , plus savoureux , et plus facile à digérer ♦ 
parce que, quoique Pair soit d'abordé;. é et 

resserré dam une pâte refroidie, et ru'ou le 
prime encore davantage par différentes mouillures , 
cependant 1 àcretc du levain, ses sels , ; 1 ace S 

du feu qu on présente à la pute , et qui sort de la 
main de l'ouvrier, desserrent l'air, lui rendent son 
action; 1 air mis en action, pousse , heurte, soulève 
et étend les parties de la pâte resserrée ! ant, 

leur communique une desunion de principes , qui ^e 
perfectionne encore par la cuisson , et qui s'achève 
par la salive et par l'estomac de celui qui mange le pain. 

Depuis qu'on a invente l'art de faire fermenter les 

grains pour en obtenir une liqueur s; i \ on 

nomme bière, on a trouve que 1 écume q rme 

lanl la fermentation de cette ! ison , est pi 

'.re lever la pâte dune manière plus avantageuse 

ci plus paifaitc que l'ancien levain de ; ic: 

c u te quon emploie présentement cette levure j ; m 

> L :l:\* léger le pain de - 

D. 



17 

D. En combien de matières différentes le bled 
moulu se divrse-t-il ? 

R. Lu trois ou quatre ; savoir, la fleur, la farine 
movenne , le son , ou la grosse enveloppe du bled , 
et les recoupes , c'est-à- dire , cette écorce blanche 
appliquée intérieurement à la grosse. 

Le son est le partage des animaux les plus vils. 

Les recoupeties sont destinées à Parnldoiînîer pour 
faire la poudre à poudrer, l'empois et d'autres colles. 

Le mêlante de la fleur et de la farine movenne 

, j 
donne le pain le plus parfait et le plus salutaire. La 

fleur et la farine movenne sont deux principes que 
la nature a mis ensemble pour s'entr'aider mutuelle- 
ment , et qu'il ne faut pas désunir. La saveur parfaite 
de ce pain , et la bonne constitution de ceux qui 
en font usage , prouvent la supériorité du pain formé 
par le concours de ces deux substances. 

La (leur seule ne fait qu'un pain sans corps, gonflé 
d'eau , et peu propre à fortifier le tempérament par 
des sucs vigoureux. 

La farine movenne , quand elle est seule, est des- 
tituée de ces esprits subtils qui rendent les sucs plus 
légers et plus agissans. 

L'amidon est une fécule ou résidu , qui se dépose 
au fond des tonneaux dans lesquels les amidonniers 
ont mis tremper avec de feau les recoupes de froment. 
Cênx qui veulent avoir de bel amidon ne s'en tien- 
nent pas aux recoupes ; ils emploient même le plus 
beau grain de froment. 

D. Quelle autre plante , après le froment , emporta 
les soins de l'homme? 

R. On dit que Noé ayant exprimé le jus de raisins 
Suite di> Plan d'Instruction publique, B 



iS 
lauvngcs , sentit tout le prix qu : il avoir cette li- 

q cur, si Ion cultivoit avec soin • ante dont elle pr6J 
vien i ; il le 6t, et, n éprouva que trop les lieureu 
de son travail. Bientôt cette \ rtée dams les 

pays, chauds, et en fit lapin richesse: clic passa 

i isie en Europç, Les. Pbenici 

b < ;i ::c biir tju;cs les côtes de la M< née i 

la p.( rtèten't da ; lupavl des îles , et la répandi- 

rent dans le Continent. Elle réussit merveilleusemenl 
dans les iles de l'Archipel: elle fut portée successi- 
vement c.j Grèce et en Ital:c : ensuite on La 
en France', cl peut-être les -dgnes attirèrent-elles les 
Francs clans la Gaule, comme elles avoient attin 
Gaulois élans 1 Italie , ou àvoieot accouru des armées 
de Berruvers , de Chartrâins et d'Auvergnats . 
des glands de leurs forets, ponr boire à longs traits 
îa liqueur d.e Bacchus , qui avoit nouvellement pris 
laveur en Italie; Enfin que;qu< - rent 

de défricher des cantons de la Forêt Noire, et \ 
tèrérit des vignes le long du Rhin. La Hongrie en 
planta aussi. Ce^t ainsi que lesvig îts oc multiplièrent 
par-tout. 

1 es bonnes or.alités du vïrt sont d'être ferme , et 
pointant aise ; d'avoir du corps; et en même temps 
de la légèreté; de réunir ei ur brillante 

et transparente , avec une odeur ilatteusc et une sa- 
veur délicate. 

1). Ou'ebi-cc qui conudj^a le plus aux progrès de 
l'agriculture ? 

II. Ce ferait les di\crs voyages qu'on fit dans les 
pavs étrangers, qui nous Breut coanoitre les riche 
dont nous étions dépourvus; de-là rechange qui se 
fit de ces bien* parle moyen du commerce. 



D. Ces progrès furent-ils prompt 

R. Il paraît au contraire qu ils furent fort lents: 
ce qui nous détermine à porter ce jugement , c'est 
lcpeiit nombre de fruits dont les auteurs anciens Font 
mention. Virgile , en nous faisant la de: rtption d'un 
jardin prés de Tarente , ne parle que d aibrc: stériles 
et d herbes fort communes. 

D. D'où nous sont venus les premiers frukj 

étrangers ? 

R. La vigne fut apportée en France par la colonie 

de Marseille. Ce fut I empereur Probus qui eo 

le plus à la répandre : ce n est que de 

plante s'est répandue pàr-tbut , que les émïgi 

ont cessé; auparavant , craque colonie tâchoit de '.: 

naturaliser dans le sol où elle se formait. Là fc . - 

gamote nous vient de Ber'game : c'est une ora 
^ - . .... & 

rouq;e en forme de poire. Oh dit que 1 ori - ce 

fruit vient de ce qu un Italien cie pe gàroè s'avisa 
d'enter une branche de citronnier sur le tronc d'un 
poirier bergamote ; les citrons qui en si r .. s, 

tiennent du citron et du poirier. La j u i des 

plus excellens fruits de 1 Europe, nous 
C'est de l'Arménie, province du I je nous 

tenons l'abricot. Ce fut de Cerazbnte, ville du ï*oi :, 
que Lucullus apporta le cerisier eu Italie. Les croisés, 
au retour de leur expédition clans la Yeir.:-'v. i ;: e , 
rapportèrent des prunes de Damas et de Sainte-Ca- 
therine. Le café nous vient de l'Arabie -.Heureuse. 
L'Europe a l'obligation de la culture de cet \ aux 

soins des Hollandois , qui, de Moka, Foi e à 

Batavia, et de Batavia à Àmsterd im. non 

et de la Chine que les menues nous ont é ls 

B i 



10 

thé. Lipécacuanha a été apporté du Nouveau-Monde 
Vers le milieu du dernier Qcclc. L.c^ Espagnols nous 
ont rapporté du Pérou, en 1040, ie quinquina, ce 
remède divin , qui n Cbt rien autre chose que 1 ecorec 
ainère d'un petit arbre qui croît dans le Nouveau- 
Monde. C est aussi de cette partie de la une . que 
nous viennent la plupart de* bois propres aux tein- 
tures. Notre plus grande récolte de plantes et d arbres 
étrangers , s est faite dans ces derniers temps par les 
soins de Colbert , et le seul Tourncfort, dans son 
voyage aux contrées orientales, en rapporta , par les 
ordres de Louis XIV, plus de treize cents plantes. 

D. Quel est le plus beau secret de 1 agriculture ? 

R. C'est fart de greffer. On ne saie pas trop l'ori- 
gine de cet art ; mais il paroit que ce nest qu a la 
reflexion , et non au hasard , que nous sommes re- 
devables d'une si belle invention. Quelqu'csprit phy- 
sicien, voyant couler la sève de l'arbre, après qu on 
en a coupé une branche , s'avisa peut-être a appliquer 
la même branche dans l'endroit doù on venoit de 
l'arracher. Cette première tentative lui ayant réussi , 
il en inséra une d'une autre espèce. C'est tout lc que 
nous pouvons conjecturer d un art si ancien : mais il 
faut remarquer que c'est à L'analogie des sèves qu on 
doit attribuer le succès de la greffe. 

D. Oui a le plus travaillé, dans ces derniers temps, 
à perfectionner l'art de greffer? 

R. Le célèbre la Qu.inf.inie., directeur général des 
jardins ie Versailles. Cc>t lui qui a corrigé I 
cieunc manière de greffer . qui a inventé de nouvelles 
méthodes, qui a appris a couper le superflu des ai- 
bics, qui a mis en US4EC la tafllc en talus , en ci - 



21 

chet, et le pîneemen des arbres. Il ne s'est pas con* 
tenté de reformer iCJtp partie de fart; il a étendu 
ses soins sur toutes es autres , et il a eu par-tout le 
même succès : enfin , à force d'étudier le génie des 
terreins, il s'est rencu maître de la nature , est venu 
à bout de panager la sève , de la distribuer selon le 
besoin de la plante , de lui donner une chaleur tem- 
pérée et propre à faciliter une circulation bienfaisante. 
C'est cet habile naturaliste qui a aboli les supersti- 
tions des lunaisons , et de la distinction des jours 
heureux ou malheureux , qui régnoient depuis si long- 
temps ; et qui nous a appris que , si la lune a quel- 
qu'iufluence sur les succès de la greffe , elle ne fait 
pas tout ce que les anciens lui ont attribué. 

D. A qaoi songea-t-on après s être pourvu du né- 



cessaire ? 



R. On songea à dresser des jardins. L'homme est 
ami des proportions , et dès qu'il a trouvé le néces* 
saire et ie commode , il vise aussitôt au beau efe à 
l'agréable. On rangea donc les plantes avec ordre et 
symmétrie , et cela, non seulement pour que l'oeil 
en fut plus agréablement flatté , mais encore afin que 
la nourriture se trouvât également partagée. 

D. Combien cet art renferme-t-il de parties? 

R. Cet art renferme deux parties. La première est 
celle de donner une forme régulière au terrera , comme 
celle de cercle, d'ovale ou de triangle , selon la dis- 
position du lieu ; ou de le diviser par étage ert 
plusieurs de ces différentes figures, si on ne peut 
le réduire en une seule , ni en corriger autrement 
1 inégalité. La deuxième est de distribuer en diffé- 
rentes classes , et comme cri autant de colonies par- 



99 

tagées par de vastes allce.^ , les différentes çspèces de 

i -les , en sd *r de chaque 

>c et de chaqui lier , sans mure 

île qui est voisine >cher ou c 

reculer i : vue cciics qui sunt plus ou ffl 

D. Q ont les plus anciens jardins arrangés 

da.. 

R. Geux cle Babylonc ou de Sémiramis srn: fa- 
meux. (." é oit j uri quatre très vaste et très-élcvé , sou- 
tenu par des voûtes appuyées les unes sur les autres". 
Ce quarre s'élevoit de quarte côtés j)ar étages . et 
chaque étage iormoit rr.sse sur laquelle on 

monteit pnr trois escalieis de dix pieds de la r creur. 
L"cau, par le moven des pompes , était portée jusques 
sur le plus élevé de ces jardin], doù elle se dis- 
tribuoit sus les autres par le moyen des canaux. 

D. Nv a-t-iipoint d'autr. -es dans l'an- 

tiquité , cutie ceux de Rabylone . } 

R. On loue beaucoup ceux du jeune Cvrus. Il 
est dit cit.; flé'S ambassadeurs étant ailes vers ce prince , 
le ci rit occupe à tailler ses arbres ; ils ne pu- 

rent s'empècher d'admirer la beauté de son travail , 
sur-tout le quinconce que formulent les alices d arbres 
qu'il avoit lui-même niantes , et la . s e de ce 
prince , qui en avoit tire un plan si régulier. 

De h \t. 

D. Quel autre art succéda à Fagricu'.iurc . } 

J\. Ce n'émit pàsàisei d avoir trouve de quoi sou- 
I [e chancelante de l'homme, il fallait c:.- 



8* 

core de quoi rétablir sa santé , si elle vcnoît à s'al- 
térer. C'est pour cela qu'après une longue suite d'ex- 
périences, on créa l'art clc la médecine , qui icnfcrme 
deux parties , l'une de provenir les maladies , 1 autre 
de les guérir. 

D. En quoi consistoit l'art de prévenir les ma- 
ladies ? 

R. Cet art, si connu des anciens, et si fort né- 
gligé de nos jours , consistoit dans le regltrie et 
l'exercice du corps. Les anciens imangèoïeut peu ; 

ils ne faisoient proprement qu'un re t >"fes , vers les 
quatre! heures du soir ; ils n'aveient pas encore trouvé 
l'art dirriter L'appétit, lorsque 1 estomac ne sent 
aucun besoin. Le sucre , et les liqueurs , qui sont 
devenues si familières depuis son usage , leur étoient 
inconnus; outre ce;a , ils sexerçoient beaucoup à la 
course , à la lutte, à nager, à monter à cheval, à 
lancer le disque , des flèches , à marcher chargés 
d'une armure d'une pesanteur énorme. Un de ces 
Guises qui se sont rendus si célèbres dans la ligue , 
descendit à cheval, et au grand galop , 1 escalier 
de la Sainte-Chapelle de Pans : c'est que la néces- 
sité d'employer toutes leurs forces dans les ce m bats 
leur rendoit aussi ces exercices nécessaires. Enfin , 
chez les anciens , il y avoir peu de ceux que n nom- 
mou, avant la révolution , praticiens, financiers , 
hommes de plume , de cabinet ; mais beaucoup de 
ceux qui étoient occupes aux arts, a cultiver la 
terre , et au pénible métier de la guerre. La poli- 
tique n'avoit pas encore trouve le secret d'attacher 
des îï et des distinctions à des çj^gçs inu- 

r - , pour ruiner les particuliers eu flattant 
.. 

B 4 



24 
D. Xv avcit-i! pas un art particulier pour se 
faire un corps ia in et robuste ? 

R. Oui, et çjétoit celui (Jës Athlètes. Us ne man- 
: ient nen de ce qui pouvoit tant soi: peu aigiir 
le san • ; ils s absu m ient des plaisirs violens , et iis 
se forttii oient les nerfs pat des onctions fréquentes, 
ar des exercices sagement ménagés ; ils augraen- 
toient Jeuis forces jusqu'au point de porter un bœuf 
dans toute la longueur ci une stade , ou de faurtsauier 
d^un coup de poing ies dents à un cheval* 

I). Au défaut de cet arl . que) autre nu \a\ a-t-on 
empj \e pour ce ou réparer la -ai te ? 

R On a employé la mé proprement dite: 

or , . lecine ; tient dite, uous entend 

non- tient la, science des maladies et des ie- 

mè< lis encore la chirurgie ; car on ne" mit guère 

île ' cç entre ces deux arts, que vers le on- 

zième siècle , lorsque tout le monde *étoit pl< 
dans lignorancc, que les moines lurent forcés il exer- 
cer la médecine^ et de laisser à datons la chirui 
pour ne point répandre de sang. 

D, \ qui sommes -nous redevables de la méde- 
cin. 

R. .'' \à et aux ai rmaux . d >nt 1 instinct , 

r que la rais- n humaine . le n 
si ven e se purger , di 
r. t d'étand .La , dit Pli 

a appris un de ses remèdes de l*hij .me; car 

L, se sentant trop re] et nos gras, va 
le rivage , cherchant ' eaux dont la coupe 

récente; dès qu'il en a trouvé un bien 
il rcsn sur la pointe, >en pique une 



o 



S 

veine de la jambe, et, par le sang qu'il en fait 
couler , se délivre des incommodités qu'il lui cau- 
soit ; ensuite il ferme avec du limon l'ouverture de 
la veine. Le même auteur nous dit qu'on raconte 
quelque chose de semblable d'un oiseau qui se trouve 
en Egypte, et qu'on nomme Ibis ; avec son bec cro- 
chu , il se seringue de 1 eau dans le canal par où 
il importe à la santé que les excrémens se vuident. 
les cerfs et les chèvres sauvages nous ont appris 
que le dictame étoit propre pour faire sortir les 
fièches , dès que se sentant frappés d un trait , ils 
mangent de cette herbe , et le fer sort : c'est en 
mangeaiït de cette même plante qu'ils se guérissent, 
lorsqu ils ont été piques par 1 araignée phalange , 
ou par quelque autre insecte. Le dictame est aussi 
un excellent remède contre les morsures des serpens, 
et cette découverte est due au lesard , qu'on a re- 
marque recourir au dictame pour prendre de nou- 
velles forces , lorsqu il a été blessé par l'espèce de 
serpent avec lequel il est toujours en guerre. Les hiron- 
delles ont fait connaître que la chelidoine etoit très- 
salutaire à la vue , parce qu'elles en frottent les 
veux de leurs perits quand ils y ont mal. Le :er- 
pent a aussi appris f usage du fenouil et du genévrier; 
Car quand sa vue est obscurcie à cause de la longue 
retraite qu'il a gardée pendant l hiver, pour éclaircir 
ses yeux, ii va les frotter contre le fenouil ; et si ses 
écailles sont amorties , il va se frotter contre un ge- 
névrier. Le dragon se sert de laitue sauvage , pour 
purger «a bile au printemps. Ne sont-ce pas les arai- 
gnées qui nous ont appris à tendre des filets? N'est- 
ce pas (la anima»i x que nous avons tiré no.s connois- 
sanees sur la navigation ? Quand les grues , dit Aris- 
U)tc, passent la mei pou ; dès pays plus chauds, 



26 

. îangîc. Pai tinglç Je 
tt i ail qui leur résiste : ai: 

cela leur sert comme de 

se ; la base 

-. a ( omm< i : les 

ient leur cou ci l< ui tête 

:■ : mais celle qui Les guide 

;,< ni , pari : ou 

t à la queue pour se ic- 

lc$ quj ont pris du repos là rem* 

çriemin.q clies ont a iaire , 

■ . i ,.";! ebt beau de voir un 

- Jrçe, comme sur une barque, passer 

les v ents , q. : s queue 

:x sa tetf en forme de voile, Qn seroit 

rappi rtoit toutes les inventions que nous 

. Laux , ivant le i des anciens 

natur; 

Rai qui la médecine rd c\er 

imc il n'y avoit pas enc s le commen- 
tent de corps de m< , : ie ce^te science 
■ans î o était non-seu- 
, e s k lavent celui 
es. i : cien autc - e, dans une ville 
d 'Assyrie , il y avoit au i Lace un hôpital 
public , ouvert à tout le i: ue babil 
■ : L ayoit au 

D. Quand la méde< - ée en un corps 

ce r 

s 
parvint à [aire de L< înc une science ifon 



2 7 
en ramassant les différentes expériences qui s'étoient 
faites dans tous les pays, et en les range: an t par ordre. 
La plus ancienne collection qui nous reste de ces ex- 
périences , est celle d Hypocrate , qu on n a Fait cru aug- 
menter du: tite des temps , à mesure qi e i^s 
découvertes se sont multipliées. 

D. Quelle autre importante découverte a-t-on fait 
dans la médecine , en ces derniers temps? 

R. La plus grande qu'on ait faite , celle qui a ap- 
porté le pius de changement dans cet art , est celle de 
la circulation du sanc. Guillaume Haivei , lameux 
médecin anglais . qui fut pendant plusieurs années 
médecin du roi Charles I e , est celui à qui on attribue 
généralement la découverte de la circulation du sang. 
On combattit d'abord vigoureusement cette nou- 
veauté; mais en fut contraint de céder à 1 évidence 
des démonstrations du médecin anglais , qui mourut 
Tan 1657. Il y en a qui croient que Servet, brûlé à 
Genève i an \653 , à cause des erreurs qu'on crut 
trouver dans ses écrits , en avoit parlé dans un de 
ses livres. D autres remontent bien plus haut , et fout 
honneur de cette découverte au médecin Hypocrare. 
Quoi qu'il en soit , il est vrai de dire que ce ne fut eue 
par le médecin Harvei que cette découverte fut mise 
en évidence , et qu'elle opéra de grands changemens 
dans l'art de traiter les malades. Le microscope vint 
au secours du raisonnement; et à laide de c 
trument , on vit le sang circuler aussi se Lent 

qu on voit le Rhône et la Seine circuler dans les 
campagnes. 

D. Quel changement apporta dans la r 
découverte de la circulation du sang ? 

R. Dès-lcrs tomba l'ancien svstemc des I 



*8 

pcccantcs , du combat des qualités occultes , quoi 
avoit regardé jusqu'alors comme la source (!c toutes 
• es maladies. D un principe tout différent, on tira 
des conclusions entièrement opp< sées , qui nous 
guidèrent dans quantité d opérations. C'est à la Iu< 
de ces nouvelles découvertes , qu'on se 1 - de 

faire dans le corps humain L'infusion d'un sang 
étranger , et d insérer la petite \ croie dans Us veine* 
des enfans. 

Cette découverte fit encore qu'on s'appliqua avec 
uns nouvelle ardeur à COUnoîtte le corps humain. 
Chaque jour c étoit une nouvelle découverte : 1 v.n 
trouvait la communication du chyle avec le sang ; Les 
autres appercevoient les veines destinées à cette l\ r- 
culation ; un autre treuvoit les canaux de ces liqueurs. 
Pou; mieux réussir , on se partagea le travail : lès 
uns s appliquèrent aux veux, les autres prirent le 
cerveau pour l objet de leur étude ; ce qui produisit 
les progrès surprenons que la médecine ci la • 
rurgie firent depuis. 

D 1 1 ..\ U\ igat o ?. 

D. A quoi ic\7 as redevables delà; uiti 

des biens éloignés de no-, contn 

R. A la navigation , par le moven tîe Tan 

cien et le nouveau mon e se d inc 
se prêtent mutuellement du sec urs. 

D. Qu'étui t-cc < u dans tes cètnmen- 

R. Pour savoir ce que. ectoit, il suffit de ï] rU 
l'état ou $e trouvèrent les Am i Ion 



*.9 
ahdrda dans leur continent. C'étoient des pêcheurs 
qui cûtoyoient le rivage en nageant, et qui, pour se 
suuiager , conduisoient avec eux un tronc d'arbre 
creuse, sur lequel ils se îeposoient de temps en temps. 
Ouand ils virent aborder sur le rivage des vais- 
«eaux armés en guerre , vomissant de tous côtés le fer 
et le feu , et des hommes montés sur des chevaux 
courir dans la plaine , ils s imaginèrent voir des mons- 
tres descendus du ciel, auquel ils croyoient que tou- 
choient ces hautes montagnes d'eau qu'ils avoien* 
devant les veux. 

D. Par quels degrés parvint-on à porter à un si haut 
point de perfection l'art de naviguer ? 

R. D'abord ce n'étoit qu'une simple rrme, ensuite 
on les multiplia , on parvint enfin à doubler les rang* 
des rameurs. Ouelqu un remarqua l'usage que font 
les oiseaux de leur queue pour nager dans les airs ? 
et construisit un gouvernail sur ce modèle. Un autre 
profitant des lumières de celui qui lavoit devancé , 
donna au vaisseau des ailes ou des voiles, qu'un troi- 
sième fit jouer dans tous les sens , a-peu-près comme 
les oiseaux fout jouer leurs ailes pour profiter des 
vents contraires. C'est ainsi que petit à petit l'arç 
s'achemina à sa perfection. 

D. Ny a-t-il pas de distinction entre les vais- 
seaux ? 

R. O.i les distingue en vaisseaux de guerre , vais- 
seaux armés en guerre , en marchandises, etbâtimcns 
de charge. 

D. N y a-t-il point de distinction dans les vaisseaux 
de guerre ? 

R, On les distingue en cinq r*n§|, et cette dis- 






rincfton consiste dans la longueur de îâ cjmhc, dans 
le nombre des canons et d< i forment 

] équipa e , dan! la force 6u la h - - • • - 

vfes , dans la qta et es bois qu'emploie 

le maître consfrru*cti 

D. App en :z nous ce cl -tail. 

R. I ! % du premier rang poTte*n( depuis 

<) ) ; an on ]• i i o -, 'et ifs ont 

jusqu'à tïS[ I 
. nze cci k"t ils iom c s 

seuls cj'.ii aient Jeux poius prolongés depuis l'êti 

-Ht. 

Ceux du second rang portent , depuis 70 pièces Je 
canon jusqu à 76, et ils ont depuis juj jusqu'à 
hommes d équipage. 

Ceux du troisième ran ent depuis 56 piècei 

de caîiOTî jusqu'à §6, e! ris orit depuis 33o jusqu'à 
460 hommes déquîpaj 

Ceux du quatrième rang p >rtent depuis .jo pièces 
de canon ju'squ'à.ôo., et ils ont depuis -'o jusqu'à 

3oo hommes d èqi 

Ceux c:.: ; n du cinquième rang portent depuû 
pièces de ca;jon iusq et ils ont depuis 170 

jusqu à i^>u iiumn.es dequipa 

D. Oucl est \t nuiii des autres i).; : .nuns déclinés 
La gue 

jl rje *res qui ne sont montrer 

ris 16 i^niii ., ei de canon ; elles sont 

1 , et n'ont qu'un pont. 
1 e^ bîûlôts sont dcs-bâùmcus charges de feu d'aï- 



i\ 

iîFice , que Ton tâcKfe d'accr» Crreî aux vaisseaux cp:c 
l'on veut faire brûler. 

Les galioïcs à bombes oui ne per. .rvir'que 

clans un calme , parce que ce sont des 
bord comme les galères , qui vont à voiles et à ramei. 

D. Quels sont les autres bâtimens dont on . 
sur mer , soit pour ie ( rce , son j daunes 

usa ce s ? 

i?. On donne le nom de flûtes à tous les! 
qu'on fait servir d< - . ■ . ; d hôpital à lu:;-.- pe 
navale , et ils servent queb iiefpis à Ufaiîspoîtt i v<. . 
troupes. 

Les barques sont des bâtimens à trois mâts , un 
grand, un de misaine et an dartimofi ; la barque 
longue est sans pont , et va à voiles eu a rames. 

Les tartanes, sur la Méditerranée , sont des barques 
qui n'ont qu'un arbre de maître , et un de misaine. 

Les brigantins sont de petits vaisseaux sur la 
diterranée , de bas-bord , qui vont à voiles et à rames. 
Ce bâtiment est léger et propre aux corsaires. 

Les chaloupes sont de petits bâtimens destinés au 
service , à la communication ac* vaisseaux , et à faire 
de petits trajets. La felouque estlà même chose sur la 
Méditerranée. 

La corvette est comme une barque longue 
voileS et à rames. Il y en : 1rs à la ; : 

armée navale, pour aller à la découverte , ei pour 
porter des nouvelles. 

L'yacht est un bâtiment poi a un grai 

lin mut d'avant et un boltà Bû : : U séri . 



3* 
mûrement à des promenades ou à de petites traver- 
sées. 

D. Quelles sont lc>» principales parties du vaisseau? 

R. Ce sont la quille qui est la base ci le fondement 
du vaisseau , et qui eu dune ou de plusieurs pièces 
de charpente mises au bout i un i ; la- 

quelle est appuyé le corps du vaisseau. Quand a te 
pièce est endommagée , le vaisseau es: en mauvais 
ctat. 

La proue est l'avant du vaisseau . soutenu par 
letiave , au-devant duquel est L'éperon, qui sert à 
fendre leau pour le passage du bâtiment. 

La poupe est 1 arrière du vaisseau , iendioit où ie 
gouvernail est attache. 

Le château de poupe est composé de trois ou de 
quatre étages , le plus bas au fond de cale est la sonde 
au biscuit et la sonde aux poudres . la sainte-barbe est 
r les canonniers, où le timon est d'ordinaire; 
dite la chambre du capitaine , devant laquelle 
la boussole; au-dessus est la dunette, sur laquelle on 
met une sentinelle. 

I es ouvertures qui sont dans les cotes du vaisseau 
se nomment sabords, qui servent à placer les pièces 
d artillerie : il y a dans un vaisseau autant de rangs 
cic sabords que de ponts. 

Les aunes pièces considérables du vaisseau sont 
les mâts, auxquels on attache les vergues et les 
voiles , pour recevoir Je vent nécessaire pour na- 

i). Combien v a - t - i! de mâts dans les grands 
eaux ? 

fi, II y çn a ordinairement quatre , et quelquefois 

on 



33 

on v en ajoute un cinquième , qui est un double arti- 
mon ; le gra t m prin- 
cipal ; le seeond est le i i 
qui c ranci mât et la proue ; le troî ; 

i tre ia poupe et le grand n ; 

mat de beaupré , qui 
1 éperon à la ts ont une ou plusieurs 

joi ituies qui ont chacune leur nom. 

D. Les voiles n'ont-elles pas des noms particu- 
liers ? 

R. Elles portent le nom des mâts auxquels elles 
sont attachées avec leurs vergues ou leurs antennes , 
qui sont des pièces de bois plus grosses dans le 
milieu que dans les deux extrémités; la figure en 
est qùarrée ou triangulaire. De cette dev :ure 

sont presque toutes les voiles de la Méditerranée. 

.D. Combien met-on ordinairement de voiles aux 
grands vaisseaux ? 

R. On en iv.ee dix , et on les augmente par les côtés 
selon le besoin. Celles des Chinois sont laites de 
jonc. 

D. Le terme de voile na-t-il pas plusieurs signi- 
fications ? 

E. Il en a beaucoup, et celui de vent aussi. 

On dit faire voile , ce qui signifie partir ; jet de 
voile est l'appareil c de toutes les voiles d un 

.eau : se tenir sous ^es voiles, c est lorsque les 
voiles du vaisseau s 

u'il en e er ; 

lorcer de voi les , c'i faire i 

de voiles , c'est ne s 

le du Fia . C 



34 
Us ^ s , ccit Les faire 

c ■ . .' ■ c avcL leur vei gue le I 

Le mot de vent a au ni , et 

on n eu pai)le Bur la mei qu< , demi* 

rufnb , quart de rumb , i b, qui 

des lignes tracées en ligne ma- 

rines , et qui narquées rose de la boussole 

ou comj mer , qui 

icu à. un auii e. 

1). lm corn nie | irtics divise t-on Les vents ? 

À. Eii txenu -deux , et or. '. 

On dit mettre la voile . . . < c e 

partit ; av oit vent arrière pe, \ : . 

ce qui est la même chos i | , celui 

qui souffle de coLe ; vent à la bc ine , qui ; pr« .d 

de côte; ven! devant ou contraire, est celui file 
du côte de la pi c : mettre le vent i 

c'est empêcher que les v< - snnent 1< % vent; 

vent gaillard signifie le beau ternp i ot , 

être auvent du x - i »s : j , ou ; lv« ent, 
c'est la mime chose ; être sous 11 vent . i 

le désavantage du vent; tomber sous le est 
perdre ge du vent; on dit, le vent t >mbe, 
quand il cesse d'eu faite et que le temps devient 
cîiim. . 

D. Qu'entendez- vous par lester un vaisseau? 

R J'entends une certaine quantité de sable , 
cailloux ou de fer , que l'on met au fond île ca , 
pour fai ncer le vaisseau dans 1 eau, et le tenir 

en estive ou assiette. On ôtc ! c leste à cfa 
pag 



D. Quels* furent les premiers voyages qu'on entre- 
prit sur mer ? 

R. Les premiers voyages qu'on tenta sur m 
furent d >rt co irts encore ne faisoit-on i 

doubler le rivage, sans perdre la terre de vue. Ce 
ne- Fut peut-être qu'a la faveur de quelque temj 
qu on découvrit quelques pays, et qu on entreprit 
voyages d un plus long cours. 

D. Oui empêchoit de s'exposer, comme aujour- 
d'hui , en pleine mer et aux fureurs de l'Océan ? 

Pi. L'unique empêchement à cette entreprise étoit 
le défaut de direction; car, comme on n avoit que 
l'étoile polaire pour se guider , et que le jour eu les 
trop grandes ténèbres de la nuit la déroboient ia . 
grande partie du temps aux yeux du pilote ; souvent 
on ai i gauche, lorsqu'on pensoit aller à droite, 

au risque à chaque instant d'aller donner dans quel- 
ques rochers et d'y échouer. 

D. Par quel moyen tous ces inconvémens ont-ils 
disparu ? 

. R. Par 1 invention de la boussole ou de l'aiguille ai- 
i , dont on commença à faire usage dans le 

treizième siècle. Les anciens connoissoient bien l'ai- 
mant et la- vertu qu il a d attirer le fer ; mais on a 
été jusqu au siècle dont nous parlons, sans remarquer 
la propriété qu'il a, et qu'il donne au fer , de tourner 
vers le pôle , propriété si favorable aux nautonniers 
pour les guider aussi bien le jour que la nuit. ( 

i [ean * va, marinier de Melphi , qu on doit une 
découverte si précieuse. 



i ). Qui fut le premier qui fit as 

R. Barthelemi Dias , pis, avec ce n 

guide , abai I i : en 

tenta une n 

qu il nomma le Cap des Tourmentes , et qu on a 
pelé depuis le Cap de Bonne-E ce. 

1). Quels nouveaux avantages les lone> i ens 

sur mer apportèrent-ils à la i 

R. Un île ces avantages est qu ils serviren 
coup à perfectionner la eartc marine , e: 
nouveau secours on voyagea presqu'au&si 

sur mer que sur la terre. 

D. Quel est le chef-d'œuvre de la : 

R. C'est la découverte du Nouveau-Monde. 
tophe Culonib , ne en 144s dans un village du ici 1 
de Gènes , ayant remarqué qu'un vent d 
coutume de ce assez d'égalité pend 

sieurs jours de suite , jugea qu'un ici vent 
être occasi< • : ■ .. tei rc . Dans c 

suasion , il part du port 
et au bou: d mois, il arrive dans 1 île 

et de Sai itherine , qui touchent au continent de 

1 Amérique. 

1). • | . ces se perfectionnèrent avec La ra- 

> ;ation? 

R. On nut que la terre étoit ronde: cai en 

ançant vers le sud , on vit 

ci l de 

ec le 1rs du télescope , on 



37 
que Mars et Venus tournoient sur le leur ; on n'en 
doui plus, Jorsquon vit qu'un vent d'orient 

ne cesse de souffler entre les deux tropiques , dan* 
e hémisphère; Enfin, les an< îma- 

ginoient qu'on ne pouvoit habiter sous 1 équater 

e pôle ; mais on fut entièrement détrompé, 
lorsqu'on eut passé et répare plusieurs fois sou 

.'.é commerce avec ceux qui habitent directe- 
it sous le soleil, et qu'on eut fait plusieuî- vovages 
çlà des cercles polaires. 

Des Arts moins née es sain s qu utiles. 

D. Après les arts dont vous venez de parler, quel 
est 1 art le plus utile ? 

De ï Écriture. 

R. C'est l'art d'écrire. C'est par cet art que nous 
conversons avec les absens ; que nous profitons des 
entretiens de ceux qui sont morts ; et que , sans sortir 
de notre maison , nous pouvons en même temps et 
en cent lieux différens , faire connoître nos pensées. 

D. Quels ont été les auteurs de fart décrire? 

R. On croit communément que ce furent les Phé- 
niciens , qui ayant remarque que , pour communiquer 
pensées, nous n emplovons que cinq sons r; 
.. exprimés par cinq voyelles , a, e, i, o, u , 
modifiés chacun de vingt-trois ou de \ atre 

façons, inventèrent des caractères propres a exprimer 
ces différens sons , et à faire passer par les yeux nos 
osées dans l'esprit de ceux qui nous lisent. 

c * 



5« 

s t( noicnl lieu de fée i iturc , ■ 
qu*of eût de ai t ? 

Les horan lymboliquei 

- i . . '.i e . - encore 

s les evises. Ai , pour exj oii 

prendre te aux approches du dèboi 

. on ex] isoit, d»ns v toutcs les villes < ! • -.la 
: il i .1 chien qui aboie , avec des ailes au 
C est en cette sorte de caractères que toutes ies , 
au b a cci tain tei 

toutes h es publiques. Tel Fut le pi 

figures bîsarres , qui devinrtnt dans 
J ibj t du culte public , quand on eut perdu 
fication de ces svmboles. De là les montes fabul 
ci toutes ces fausses divinités qu* lc. e 
ventés pour donner raison de ces Ggures S) :ues , 

dont ii- ne connoissoient plus la vraie signifi 

D. Sur quoi grava t-on les premiers caractères de 

re ? 

R. 0' iva d'abord ^ ,,v fécorce ; die dune 

I .i cro^t dans les marais de là IV I /.pie. 

n tmme us. Nous n en avon - 

ne ic nom. On écrivit en i conde 

res , ei qu'on nomme communément 
le liber; c< vis a donne le nom dé livre : cette 

ire se ce i n s la Chine. O 

rite de tablettes fort iées ei enduite 
! instrument qu'on em] !« yoit pour écrire iui ces 
s se nom m • le : ce terme s e vie 

t , ; -et il il I hui la m 

se* Enfin , Euro ?des , i oî de P mes 

î nombre de livres 



5 9 

ou des peaux bien préparées, qu'on nomme encore 
pour cela en latin ckafta pergamea. C I . ; a: Arabes 
que nous sommes redevables du pa iei À tt nous 
nous servons maintenant. Lu ce papier passa 

d'abord en Allemagne , vers le me et quator- 

zième siècles , cl de là dans tou de 

l'Europe. 

i 
D. Donnez-nous quelques détails sur la manière 

dont se fait le papier. 

R. On commence par amasser des chiffons , gros» 
fins ou moyens ; les fins donnent le fin papier , et 
les gros le gros papier. On met ces chiffons au pour- 
risscir, où ils restent environ deux mois. Après les 
avoir retirés de la cuve suffisamment macérés par le 
travail de l'eau , on les fait passer dans la première 
pile , qui est un grand mortier garni d une platine 
de fer, où ils sont déchiquetés par la chute alterna- 
tive de plusieurs gros maillets, garnis de clous de 
1er, pointus et tranchans. 

La pâte dégrossie de la sorte, est transportée dans 
la seconde pile, ensuite dans différentes autres, eu 
elle est battue jusqu'à devenir une pâte où 1 on n ap- 
perçoive plus ni fiiamcns , ni flocons. Lorsque la 
pâte a été suffisamment affinée , soit par le travail du 
pilon , soit par celai des cylindres , on la met en 
reserve pour servir au besoin. 

Quand on veut se servir de la paie, on lui donne 
5a dernière façon sous des maillets de bois qui la ré- 
d usent de plus en plus. : e da s une 

e d eau nette et tiède, où elle est fortemei t re- 
muée par reprises, afin que t'eau en détrempe éea- 

C i 



ite la matière. Alors ii ivu 

de j île, 

mi 

« , de 1 

e d c . 

■ 

un peu i l 

. .. 

dan s les i 
• ;; ; m lis i, en i - te m 
1 • 

en ■ m ce m en l c 

et d en arr ièi .1 

cip'uenl lité , 

1 au se meure 
par- tou ; ses pati 

sent . se de 

àpier : aloi 
; riber sur un r La re- 

cevoir. On la 1 

(.m; v en a ui - '. - ■. • 1 on es met sous la 

o^r en 1 
le c : . on les él Lie sur une g . 

■ 

s la presse , d où on l< 

Forc< 1 - ■ 
les 

er la t 

e 1 

1 
. ii ei en rame. 



41 

D. Combien de temps fut-on sans trouver 1 im- 



p- imené? 



7> 

z" 



'■\ On ne trouva l'imprimerie que dans le q 
ne siècle. Cependant il paroît que rien n etoit 
s aise aux Égyptiens, aux Grecs et aux RerB 
d'en concevoir l'idée, après qu'ils eureni 
: de graver des caractètes sur ia pierre et sur les 
taux; mais la difficulté de faire des planches, et 
l'inutilité de ces planches lorsqu'on s cri est servi une 
fois, dégoûtoit les ouvriers. Ce ne fut qu au corn- 
- lent du quinzième siècle qu'un Allemand s a- 
visa de séparer les ca: -..ctères , de les réunir, de les 
changer , et trouva par conséquent le moyen de les 
faire servir à toute sorte d ouvrage. 

D. Faites-nous l'histoire de cette découverte. 

R. Jean Guttemberg, de Mayence , eut , vers 1440, 
la première idée de ce nouvel art. Il y épuisa ses f » 
sans réussir , et s'associa Jean Faust, homme riche ce 
la même ville, et Pierre SchoëfTer, de Gernsheim , 
clerc du d ■ se de Mâyence. Leurs premières impres- 
sions se faisoient sur des planches de bois, de la 
même manière qu'il se pratiquoit dès auparavant a 
hine et aujapon. Gett< ic d'imprimer lais- 

des incoBvéniens, d donnoit peu de profit. Jean 
Faust imagina de travailler avec des caractt ; 'es. 

qu'on pût assembler, désunir et employer à différentes 

-■les d'un même ouvrage, puis à des ouvrages nou- 
veaux. Les caractères furent d'abord de bois, ensuite 
de divers métaux, et tous restoient grossiers , informes 

c mauvais service, jusqu'à ce qu enfin 1 industrieux 
SchoëfTer réussit aies rendre solides et ] tr un 

ange convenable de métaux, de cuivre-rosette , élu 



'''! réj a cl c premier fruit de 

ns date , c\ 
inées i j 5 j cl 1455, dont Faust appi 

is , qu'on v cou 1 ncore. 

- . sépara 

1 4 5 " • r à tour à Su - 

• 1 1 ayence, 

•Je son 
primerie à - ur g , ou il ti . la avec Jean 

' 1 il imprima apparemment 

Laurent t, v - . a F; . ; ; croire api i coup que 
c etoit dans lune ou ! c e es qu'il 

falloit chercher le berceau de l'imprimerie. 
D. Quelles furent les prem ira 

R. Les premières imprimeties furent toutes à des 

us du premier ordre, comme les Etienne, les 

uce et les Plantin. Vinrent ; un, 

les Coline , les an , ic^ Pâtisson , Les Gnph,e ; 

Morel , les Vitré, les Nivelle, les Cran > . etc. 

'lous ces illustres imj rimeurs etoïc: t de savarfs du 

premier ordre, ient pour 

: 

D. Donnez-nous un, 
i e . 

R. 1 

. ■ 
et des ] Ci 

. c --■ 
■ 
1 . t . t 1 e to u 1 

... 



43 

t à ia presse , sôus 
laquelle ils font prendre au papieT blanc 1 empreinte 
eîe là forme à laquelle ils ont mis cie l'encre. 

De la Verrern, 

D. Quelle est l'origine cle la Verrerie ? 

R. Pline raconte dans son His* i "rc Naturelle, que 
des marchands phéniciens s étant rencontrés sur ics 
bords d'une rivière nommée Relus , près du Mont- 
C< rmel . s'y arrêtèrent pour y prendre leurîepas; que 
n ayant point trouve de pierre pour soutenir *eur mar- 
mite , ils se servirent orceau de nître qu'ils 
poj t< ient avec eux; que le nîire fondu avec la cendre , 
par l'action du feu, laissa appercevoir la matière 
transparente du verre , qui ' être très-grossi r< ; 
ruais il n en falioit pas davantage pour donner l idée 
de perfectionner cette invention. 

D. I- usage du verre est-il fort ancien? 

R. Q ■ iqu on eut trouvé en Egypte l'art de façon- 
ner le -/erre , de le < is,elcr et de lui donner diverses 

ires en I lant dans des moules, Tu^aze en 

fut. fort ri ut long temps. A son défaut, les 

Orientaux se servoient de treillis ou de rideaux. 
Les Romains fermoieut l ;. ur« de leurs mais< ns 

c une pierre transparente, qu'ils tailloient en 

lames fort minées et qu'ils nomn l api ipeeu- 

. Ce n'est que dans le Septentrion que l'usage 

du \cttz est devenu plus commun à cause du froid. 

D. Quelles sont les matières du verre ? 

m. E le-s soi ■ ux espèces principales; les unes 

nés : les autres se euses. Ges matière* 



44 
ées séparément , ne pourroienl faire du venc; 
ï ce si -le leur et de leur juste propor- 

tion , k laide d'un feu convenable , que rci 

bon verre. 

Le, matières salines qu'on fait entrer dans le . 
sont les sels alkalis fixes puril el de 

tartre , le sel de potasse , la c sel 

de soude , le sel qu ou lire des cendres û 
neuF. On lait entier encore dans la <. 
beau verre blanc nommé crystal, une certaine q 
tité de chaux de plomb , telle que îe mil Lu m . 
litharçre , le blanc de ceruse et le massicot. 

Les matières terreuses qu on emploie dansla ce: 
position du verre , sont les c , le cr 

roche , les sables , parce que ces choses sont 

fusibles ; on y ajoute des matières propres à 
duire en chaux , comme la craie, le moè i duit 

en poudre, la chaux vive et éteinte ;; lair. ? 

Le verre commun se fait avec de la soude non 
lessivée , du sable et de la ebarrée. 

D. Donnez-nous une légère idée de la fabri 

. > verres. 

R. On commence par faire calciner les mati 

daut vingt-quatre heures, i 
exprès. Cette opération s'appelle J 

i calcinée se nomme fritte» Les m; ières ainsi 
frittées sont mises dans les creuse- uvraux. 

.Mors on lait un grand feu dans le foui 

Lnuc pendant dousc ou quinze heure . 

le verre soit bien fondu. En c< on 

ne la matière, pour enlever Les sels qui ne 
pas vitrifiés. 



4 5 
Lorsque le verre e r t en état d'être employé à 
faire cleb bouteilles , un ouvrier plonge dans le creu- 
set une espèce d ' canon à fusil , ou tube de 1er , 
appelé fêle ; il en retire une petite masse de verre, 
et réitère jusqu'à ce qu il en ait une quantité suf- 
fisante. Après quelques autres dispositions , un autre 
ouvrier prend la fêle , lui donne un léger mou- 
vement en tournant, la plonge dans un moule de 
fer où il la tourne en soufflant en même temps dans 
la fêta La bouteille prend la figure de ce moule. 
Après quelques autres manutentions pour former le 
cul de la bouteille et son collet, on porte la bou- 
teille dans un four pour la recuire. 

D. A quel usage a-t-on fait servir le verre , après 
qu'on leut employé aux vitres? 

R. Il ne fut pas difficile de le faire servir aux 
glaces. Les premières qu'on vit furent celles de Ve- 
nise. C'est de là que la France tiroit autrefois ses 
glaces. Maintenant la France en fournit à l'Europe 
entière ; et au lieu de glaces de quarante ou de 
cinquante pouces de hauteur qu'elle redevoit au- 
trefois d'Italie , elle y en envoie aujourd'hui de 
quatre-vingt-dix et même de cent pouces. La ma- 
nière de les construire est fort simple : on prend 
de la sonde et d'un sable très-blanc, que Ton pré- 
pare bien et avec plus cfexactitude que pour 
le verre. On répand la matière du verre fondu 
une table d'airain , sur laquelle on Fétend en 
sant rouler par-dessus, un cylindre de bronze, < u 
bien on souffle cette matière , comme 
souillent une boule de savon. On perce cet 
par les deux extrémités , puis on Fétend en 
t en long, 



1). A quoi se réduit le travail des miroitiers? 

R. A prendre une glace, a la mettre au r a : m , 
c est-à-dire , a appliquer à un de* cut.es de 
un mêlante d'étain et de vif-argent, ensuite ou fcn« 
cadre pour la soutenir. 

D. Qutst-ce ou'un miroir aide. 

R. Cest un verre concave dont la c - 
admet de telle sorte les ravons du soleil . qu ;i 
certaine distance ils se croisent et se n 
\u\ point qu on nomme foyer. Le plus gn*: 
y ait, est celui de Y observatoire de Paris. 
160 livres, et il n'y a point de métal «.. : c 

à sou lover. 

D. Qu'est-ce qu'un microscope ? 

R. Cest un verre convexe , dont L'effet e<t d 

menter le volume de> objets. 

Un verre de montre est convexe eu dehors et 
concave en dedans. 

D. A qui sommes-nous îeuevabies des lue 
d approche ? 

R. Les Lunettes d'approche encore un 

du hasard. Jacques Metius , Hollandais , travai 
1 an l6og à faire des verres ardens , s'avisa de re- 
garder à travers deux de ces verres, et il vit avec 
surprise les objets se rapprocher et grossir prodigieu- 
sement, îl lit part de sa d< autres , 
ne (unit que la perfectionner en montant les verres 
et en les emboîtant. C'est à cet instrument que m i 
sommes redevables des plus grands progrès qu'on a 
Faits dans l'astrologie depuis un siècle. 



. 47 
Des ouvrages de terre , on de la poterie. 

D. Donnez-nous une idée de la poterie? 

R. On donne Je nom de poterie aux ouvrages de 
terre cuite. L espèce de terre que les potiers em- 
ploient est i'argille ordinaire : ils ont soin d'em- 
ployer celle qui est peu sableuse ; mais on la lave 
et on la laisse détremper Ion g- temps dans l'eau pour 
faire de la faïance et de la porcelaine. La roue et le 
tour sont presque les seules machines dont les potiers. 
de terre se servent pour donner la forme àleurpoterie. 

On doit fixer la naissance de cet art à l'invention 
du tour , qu'on attribue à Théodore ele Sa m os. Phi- 
dias , célèbre sculpteur , fit servir cette machine aux 
ouvrages de bois , et Policière \m donna la dernière 
perfection. 

Les plus beaux ouvrages dont les anciens fassent 
mention , sont ceux que faisoient les Toscans , dès 
le commencement de la république romaine. Les 
Romains en faisoient encore tant de cas du temps 
d'Auguste , qu'ils les préféroient aux vases d'or et 
d'argent. 

D. Quand est-ce que cet art commença à se re- 
lever ? 

R. Ce ne fut que vers le milieu du quinzième 
siècle. Alors, on fit à Faïance , ville d Italie , ces 
vases plus fameux encore par l'élégante des dessins 
que fournissoit le célèbie Michel -A»ge , le plus grand 
peintre de l'Italie , que par la beauté du coloris. C'est 
de cette ville que la poterie a pris son nom. L é 
de celle qui se fabrique à Ncvcrs , a Row, . a 



/S 

et son des- 

i i 

e de la Cl 

fondu a 

CL extr éi . ph*« rethci 

Le t te en 

Dé De < e tcnc sc s 

vernir ou plorabei leurs ouvi 

R. lis sc servent de mine de plomb calcinée, 
de litharge , ou d ni ; ils pn 

remment celle de i necs quils ont le j 

à Leur proximité et à meilleur marché. Us Ls 
dans des moulins ave, de l'eau , ] 
bouillie claire, ^ui s'applique avec une 
de mucilage de gbi .bique, pour faciliter 

adhérence sur : es que loti 

Ces différei tes pr< | arations de | : 

pendant la ! le [cuc \ ct ) ' 

enduit vitri on nomme vernis. 

De . - ' à cht 

D. A qui attribue- t-on 

LX ■ 

fi \ u , , .mis. p( e la On ce. 1 c 

no' • v 

droit dans leur pays la bonté 

. av e< m ins de - 

l s s e ha s î 

• i 



49 
D. Quels sont les inventeurs des caparaçons cl des 
mords ? 

R. On attribue encore cette invention aux Lapithes, 
les plus habiles parmi les Thessaliens à manier et à 
monter un cheval. 

D. Les écoles de manèges sont-elles fort anciennes? 

J?. Dans l'ancienne Grèce , et chez les Perses , il 
y avoit des maîtres établis pour apprendre aux enfans 
à monter à cheval. 

Aussi-tôt après le rétablissement des lettres , 1 Italie 
ouvrit des écoles de manège, où. se rem ; 't des pays 
circonvoisins la plus brillante jeunesse; mais les Fran- 
çais ne furent pas long-temps sans oter cet avantage 
aux étrangers. Piurinei établit cet art sur des règles si 
sûres et si justes, que bientôt on se rendit en France 
de toute part , pour apprendre à monter un cheval 
avec grâce. Soleiscl , qui vint ensuite, voyant qu'il 
n'y avoit rien à ajouter à ce qu'avoir fait Piurinei 
pour former le cavalier, s'attacha uniquement à bien 
dresser le cheval. Dans ce dessein , il en étudia toutes 
les propriétés, la force et les auti qualités; 

et pai ce moyen , il parvint à donner au cheval une 
force , une souplesse et des grâces qu'en n avoit point 
jusqu'alors remarquées dans cet animal. 

D. Depuis quand les étriers , les selles , les brides 
sont-ils en usage ? 

R. L'usage des étriers et ries selles date du même 
„ temps que l établissement du manège en l<rance: c'est 
^îtux ns des pren 

nous devons in commodité s invention ; bord 

ils sentiment i'urïiiré de l'étrier: c'est ce qui leui 
Suite du Plan ^instruction ; D 



îjnrçiucr la sc'îc et la plupart des choses qui com- 
post, ^t Len harnache ment du cheval. 

D. Quelles sont i,s qualités d'un bon cavalier? 

R. Trois principales : la première est d'être ferme 
;ans roideur; la »econd< , vigoureux sans brutalité; 
et la troisième , d'être bien assis clans la selle sans 
affectation , les épaules également effacées , la tète 
haute et droite et la ceinture un peu en avant, les 
I bes ni trop ni trop peu éloignées du cheval , les 
coudes épjalement tombés, les aides fines et ménagées 
à proportion de la nature des chevaux, la main douce 
ou ferme » selon la bouche du cheval , et toujours 
j lacée à quatre doigts des boutons de la veste du 
cavauer, et à quatre doigts du pommeau de la selle. 
On appelle aides ies differens ta main 

et des jambes , que le cavalier t doie pour faire aller 
son clic.i 1 . 

Di la Chas c <\ 

D. De quelles armes ies premiers hommes se ser- 
virent-ils pouriaire 'a chasse aux animaux? 

R. lis se servirer :$ . c javelots et de la 

. , J iroaes à feuj 

plu . 

'D. Que i 

; • 






Ci 

D. Quelles sont les différentes manières de chasser 
et de pêcher ? 

R. Le nombre en est trop grand pour pouvoir être 
toutes exposées ici : tout ce que nous pouvons faire , 
est de rapporter celles qui sont moins communes et 
plus extraordinaires. 

Lorsque les montagnards du Dauphin é ont remar- 
qué sur quelle pointe de rocher l'aigle a posé ses 
petits, ils observent attentivement l'heure à laquelle 
l'oiseau sort pour aller chercher sa proie ; ils saisissent 
ce moment pour monter au nid de 1 aigle , dont ils 
enlèvent des chevreuils et des lièvres entiers ; ils se 
contentent d en donner les entrailles aux aiglons pour 
les entretenir et ne pas les laisser périr de faim. 

Les peuples du nord ont une méthode particulière 
pour attraper les lièvres et les daims à la course. 
Comme le pays est tout couvert de neige , ils attachent 
à leurs pieds des espèces de raquettes , au moyen 
desquelles ils courent sans enfoncer, et atteignent 
sans peine les lièvres et les chèvres sauvages , qui ne 
peuvent que se rouler dans la neige. 

D. Quels ont été parmi les anciens peuples les plus 
fameux peur la chasse et la pêche? 

R. Les Gaulois se sont distingués en ceci comme 
eu bien d'autres ehc es. L immensité des foi êti qui cou- 
vroient leurs pays, et la grande quantité de bête^ quiles 
habitoient , les invitoient à cet exercice ; aussi se pi- 
quoient-ils d'y exceller. Dan*; chaque bourgade, il y 
«voit un grand chêne consacre a la déesse Ardcma, 
auquel chaque chasseur , au retour de la chasse, ne 
manquoit pas de venir suspendic la tête de quelque 
bête fauve, autant pour faire montre de son habileté, 
que pour faire honneur a la déesse. 

D i 



5i 

De-, le commencement de la monarchie française, 
il nes'assembh i i il c i corps, < u'ils ne termi- 

par un c chasse. Il* se 

ersoient dans une vaste campagne, et renfermaient 
dans un cercle qu'ils formoient , tout ic gibier qui s y 
trouvoit. En se >chanl, ils l'amenoient au mi- 

lieu d'un petit cercle , et n oient échapper que 

fort peu. 11 reste encore dans qi villes de France 

des traces de cet ancien usa 

De la fonte des Métaux. 

D. Combien compte -t-on de métaux ? 

R. On compte vulgairement six métaux; 1 e . le 
plomb; 2 e . rétain ; 5 e '. le fer; 4 e . le cuivre; J°. 
ï 1 gent ; 6 9 « L'or. 

D. One remarquez-vous sur le plomb ? 

R. Le b est un métal mou et facile à Pondre : 

c'est aussi le moins sonore et le moins élastique 1 *- 

tent , se vinifie , et 
ilite la fusion des terres et des pierres i il a a 

i verre Les autres 
té 1 or et 1 arg m ; il s'allie avec tous 
les m 1 

îe trouve en tjp - -, et sur- 

• en . mgle ei j e gne. 

D. Ouenous direz-vous de 1 etain ? 

ft. L'un dei • mou api 

; il ne se rc 
: • plus ce n 
: c est ] 
&ux : i'étain d Ai gietern 



55 

L'étain possède beaucoup de propriétés qui le rap- 
prochent du plomb ; il se fond prompte ment à une 
chaleur modérée; mais à un certa jré de feu, 

il se caltine , et finit par se changer, à 1 .'un 

fondant, en un verre laiteux , présentant différentes 
couleurs, comme l'opale , comme le sont aussi les os 
calcinés , si on les jeté dans du verre tenu en fusion. 

L'étain s'incorpore très-bien avec les demi-métaux 
et le plomb : excepté ce dernier métal . il les empî 
tous de s'étendre sous le marteau. Si on met du fer 
dans de l'étain fondu , ils contractent une sorte d'al- 
liage , mais si Ton met de L'étain dans du fer fondu , 
ils se convertissent aussitôt 1 un et 1 autre en pe . s 
globules qui crèvent, et font explosion comme des 
grenades. 

D. Combien distingue -t-on de sortes d'étain ? 

R. De trois sortes; savoir, i°. Y élu in pl&nç ou de 
marais; il est assez pur, mais point sonore et trop 
liant; on lui donne encore les noms d'étain d'Angle* 
terre , étain cristallin et à la ro-e. 

2°. Uétain commun qui se trouve chez tous les po- 
tiers détain ; c'est un alliage d'étain plané , de plomb , 
et quelquefois de cuivre jaune. 

3°. L étain sonnant, qui est un mélange d'étain 

plane, de bismut, de cuivre rouge et de zinc ; il est 
le plus éclatant , le plus sonore , le plus facile à ou- 
Vrager : on v ajoute, au besoin, du régule d etain 
pour en augmenter la dureté. 

Le mélange de l'étain est connu par ia marque 

qu'il porte. L'étain mélangé avec un tiers de plomb , 
doit porter deux marques ou contrôles ; s'il est com- 
posé de cinq parties contre une de plomb , il doit a 

» 3 



trois marques ; cpfin, s il contient trois liv. d'alliaee 
[uintal , il faut qu'il ait quatre con- 
trôles. 

D. ' est I usage de le tain ? 

R. Qn l'ai deremment pour en foi mer toutes 

soiu> d ; il entre dai s la compoMtion des 

.;^ miroirs i ques : on s'en sert pour 
c . ei peur :a fabrique des tuyaux cior- 
(;: ' pai i.i.e légère calcination , une 

I g:ise , qui est la poicc fêtai* , si propre aux 
diamantaires « à d autres ouvriers pour poiir leurs 
ouvrages ; i! entre dans la composition des émaux. 
On bat rétain en feuilles' minces, et on les charge 
de . :ure, pour les appliquer derrière cies gla< 
> réfléchir les objets. On 

met ('.c ces feuilles , non chargées de mercure , mais 
peintes ou vernies , a s de cire pour faire 

des signaux , poui rations d'ar- 

tifice et de théâtre , et puni faire de l'aven tUrinc 
blanche. La dissolution de tain pai 1 eau rc.^te , a la 
propriété de donner beaucoup d éclat aux cOuleun 
rouges ; aussi les teinturiers s en servent-ils poui iaire 
la belle ecarlate. 

D lus une légère idée du fer. 

R. Le fei esc un métal solide , très -dur , peu mal- 
léable , sonore, cl le plus élastique des métaux. Les 
ressorts d'acier , ] >a outils propres à limer , le son 
et l'extension des loi des de clavecins décèlent ces 
propriétés. La violence des COUpS de inartrau redou- 
bler , au frottement dur et rapide suffisent pour le 
faire rougir au point d'enflammer des corus combu^- 
tiblci. 



55 

Le fer se rouille ri fair et dans Peau ; il a beau- 
coup d'antipathie pour le nicreurc , et de sympathie 
avec lai m an t. Quand il ne s'y rencontre point d an- 
timoine interposé qui puisse en empêcher le jeu , le 
fer et l'acier s'attirent réciproquement; et c'est un 
moyen suffisant pour reconnoître le fer par-tout où 
il est. 

Le fer-blanc est un fer enduit d'etain pour le pré- 
Server de la rouille. 

L'acier est un fer raffiné et purifié. 

D. Parlez-nous maintenant du cuivre. 

JR. Le cuivre est un des métaux les plus employés 
dans les arts et métiers , parce qu'il a beaucoup de 
malléabilité , de flexibilité , de ductilité , de dureté 
et d'élasticité. On en fait mille ustensiles; des cordes 
de clavecin, des feuilles pour les faux galons. Il 
entre dans les caractères d'imprimerie. Il est si facile 
à. se rouiller, que tous les dissolvans, tels que leau , 
les huiles, les acides agissent sur lui, et qu'il les 
colore en verd. C'est à cette couleur verte que Ton 
reconnoît la présence du cuivre , qui est par là même 
toujours très-dangereux. 

Le cuivre , par son mélange avec diverses autres 
substances , donne naissance , en quelque sorte , à 
de nouveaux métaux, qui acquièrent de nouvelles 
propriétés. Si on le fond avec le zinc , il donne le 
tombac , le pincebec , le similor , et le métal de 
prince ; avec la calamine , il forme le cuivre jaune 
ou laiton. Si on mêle le cuivre avec de l'orpiment 
•t de fétain , on aura une composition propre à faire 
des miroirs métalliques ; uni avec de l'arsenic , il 
devient blanc , fragile et cassant ; on le nomme 
ajors cuivre blanc. Le cuivre allié avec de l'ctaiu , 

D4 



5* 

riante , connue sou» le 

r. n I jition se jel 

j médailles , 

d i. ■ ,n '« , etc. Une petite quantité 

de c û l'ôr'et à 1 argent , donne 

à ces i i ; une dureté qu'ils n'auroient pas sans 

( plus faciles a travailler, et Us 

en quelque sorte. Le c .: en 

( an de Vtnus , é cuivre , 

il est propre à. coloi ;i en verd Les 

, et -à péi h * faiaâce et la por- 

I). tys se trouve l'argent ? 

R. : • : i:s abondantes 

sont en . . iur-tou ; oits 

Is de c: : t , tels que le Puicsi , un. 
provinces du Pérou. 

L f a ; i'acide nîtreux , donne das 

crystaux, qui , étant! is et ensuite je 
m >ule . .aie , dont un fait u 

pour eu; i 

On r< ent, en \c faisant passer pnr les 

r is dune . : que le paisse ur d';;:i 

r (argent trait. Cet argent r: 
applâti ( . ê deux rouleaux', se nomme 
lame : oa La] plii i îc par le moyen du 

moulin; ou î r j-.U : on 1cm; 

aussi tout plat dans les c: ■ . içns brodés, et. bi 

La réduij en U très- vain ces . e>i n:i- 

ployp par les argenteurs c: doreurs. ï es rôgB 
l'argent en feuille sont employées par les peintres ; 
on L'appelé argent en . 



5 1 

D. En quoi l'or surpasse-t-il les autres métaux? * 

R. 11 les surpasse en pesanteur, en ductilité, en 
ténacité et en valeur. Lor n'est altéré , ni par lair, 
ni par l'eau , ni par le feu des fourneaux. Ur.e once 
de ce métal peut être tirée en un million quatre- 
vingt mille pieds de long. Cependant la seule vapeur 
d'un grain d'étain suffit pour ôter la propriété mal- 
léable de ce métal. 

D. Comment échangeoit-on autrefois l'or et l'ar- 
gent ? 

R. D'abord on le donna au poids , puis on le livra 
en brochette. Ou s est tenu en dernier lieu aux flans 
ou tourteaux , marqués au coin du prince. 

D. Quelles ont été jusqu'ici les différentes manières 
de monnover Por et l'argent? 

R. Les Romains faisoient leur monnoie avec le 
marteau ; et ils !a marquoient avec une espèce de 
poinçon. Nos ouvriers ont abandonné aux Hollan- 
dais cette ancienne manière , et se servent de balan- 
ciers pour presser le quarré où est gravé en creux ce 
qui doit être en relief sur la monnoie. 

D. Quelles sont les différentes manières de dorer? 

R. La première et la plus ancienne est celle de 
battre 1 or , et de l'appliquer en feuilles avec du blanc 
deeuf; la seconde , qui est la plus récente , est de 
moudre l'or , et de l'appliquer comme on applique 
les couleurs d'un tableau. 

D. Dans quel pays , et en quel temps a-t-on com- 
mence à faire usage des cloches ? 

R. Dans l'Italie , vers le septième siècle , on com- 



58 

inença à se servir de cet instrument pour appeler le» 
peuples à la prière. La rareté de rétain , dont on n'a 
découvert les mines que fort tard , a été cause , sari 
doute , qu'un s'est servi si tard des cloches. 1 a 
crécelle tiyt lieu de cloche pendant très -long- 
temps. 



59 

HISTOIRE DES ARTS, 

Seconde partie, 



HISTOIRE 
Des Beaux-Arts. 



D. Que prétend-on désigner par Ces expressions , 
beaux arts ? 

R. Far ces expressions on veut désigner 1 histoire , 
la poésie, l'éloquence , la peinture , la sculpture , la 
musique et l'architecture. 

De V Histoire. 

D. Qu'est-ce que l'histoire ? 

R. C'est un art par lequel on transmet à la posté- 
rité des faits imponans et dignes de remarque. 

D. Ou*étoit-ce que L'histoire dans sa simple ori- 
gine ? 

R. De simples annales où l'on se contentoit dd 
marquer , selon l'ordre des temps , les principaux 
événemens qui arrivoient dans Tannée. 

D. Quelle est la plus ancienne histoire que ncu.2 
ayons ? 

R. Diodore de Sicile , Strabon , Galien , Longin, 



u 

etc. regardent la bible comme Histoire la plus an- 
cienne i|".c neus avions. Cet ouvrage est trop con- 
firme aux idées primitives de 1 Orient , pour ne 
être de la plus haute antiquité. Aussi plusieurs his- 
toriens grecs , tels que Polemon , Appion , Menda- 
sion , Ptolomée , Ilellanique . etc. rapportent que 
l'auteur de cette histoire exista long-temps avant la 
guerre dcTroye rp.îes de cinq cents ans avant H m 
plus de douze cent ayant Socrate, Platon et Aristote , 
ces chefs et les maîtres de toute la sagesse des Grecs. 

D. Quel peuple a porte hart d'écrire L'histoire à sa 
flernière perfection ? 

R. Les Grecs , dont le génie né pour les beaux ai 
Sernbloit devoir servir de modèle à toutes Les autres 

nations. 

D. Oucîs sont les meilleurs historiens grecs? 

R. Thucidide , Hérodote et Xénophon. Th 
peint avec force ; en voit dans ses ouvi 
qu'on ne lit les combats qju il décrit. Xérj ra- 

conte avec une douceur charmante ; il remplît 1 atne 
des plus doux et des plus tendres sentimei I. H 
dote patoît tenir le milieu entre ces deux historié 
il n'est ni si véhément que le premier, ni u 
si gracieux que le second : c'est an ffew e 
qui n"a rien de lent ni d'impétueux : mais qui roule 
avec pompe ses eaux pures et tranquilles. 

D. Oui sont ceux parmi les Latins qui le dis 
aux Grecs ? 

R. Tacite , qui vivoit lous Vespasreii , éei 

histoire et ses annales avec tant 

quence , que Pline ic jeune dit qu'il favoit pris pour 



6f 

son modèle dans l' éloquence qu'il vouloit suivre, 
parmi un très- grand nombre d'orateurs qu'on trou* 
voit alors à Rome. 

Salluste , par la force et la précision , ne le cède 
à aucun des Grecs , pas même à Thucidide. Pour 
Tite-Live , il n y a point d historien qui ait plus que 
lui de cette éloquence douce et insinuante qui gagne 
tous les cœur*. 

D. Quelles sont les règles pour bien juger d'une 
histoire ? 

R. Un historien ne doit pas entasser des faits sang 
ordre et sans choix; mais ii faut qu'il s'arrête à ce 
qu'il y a de plus intéressant , le bien circonstancicr , 
et le mettre dans tout son jour. Pour cela , il doit 
remonter à la source des choses , et tâcher de dé- 
couvrir les vrais motifs qui ont fah agir ceux dont ii 
parle. Ti doit soutenir et animer son discours par la 
noblesse et par la vivacité de son style , sass jamais 
cependant sertir de la disposition où se doit trouver 
un juge qui instruit les nations, et qui distribue la 
gloire aux hommes dont il a occasion de parler, selon 
i les juge dignes de blâme ou Je ] -. Il faut 

qu'il ne lui échappe aucune expression qui ne sorte 
i, et qui ne soie, pour ainsi dire, inspirée 
ia grandeur des choses qu'il raconte. 

D. Quelle différence y a-t-il entre l'his te ire et les 

mémoires ? 

R. C est eue 1 histoire ne traite que des pvénemens 
publies , et nue les mémoires admettent encore les 
ions et I itures des particuliers qui ne regar- 

[ Qt point 1 état. 



D. Oui sont ceux q< ; i se sont le plus distingue! 
dans ce dernier ^eure d'écrire? 

R. César parmi Ici anciens ; Cemminei . de la 
Rochefoucauld , Le cardinal de Rcu , et une infinité 
d'autres parmi les modernes. 

D. Qu'est-ce qui fait le caractère de ces ouvrage! ? 

R. Un certain air aisé et naturel , de age de l'attirail 
vaine rhétorique , qui fait sentir i homme dans 
ses écrits et non i auteur. 

D. Quel autre avantage ont ces auteurs sur les 
aunes écrivains ? 

R. Cest qu'ils ont une connoissanec profonde du 
monde et des affaires dont ils traitent, et qu'on peut 
? leun ouvrages se former aussi sûrement le j 

ment que le goût. 

D. Qu est-ce que les jourr : rail es ? 

R. C est l'histoire de. tout ce qui se passe de con^ 
e dans la république des le tti ■ .. abrégé 

et i que ce tous les livres qui paroiscent, 

D. Ouel est le premier auteur des journaux lil - 

R. Salo , consei. 

• ■ 
x. Lén 
iremiers e 
: l'envie < 

¥ I 



63 

porter les paroles et les moindres circonstance! de 
la vie de son héros , est très-propre à donner cette 

connoissance. 

De la Poésie, 

D. Ouelle différence y a-t-il entre l'histoire et U 
poésie ? 

R. C'est que ia première ne cherche qu'à instruire , 
et î-femptoie pour cela qu'un style simple et uni; et 
que la seconde , n'ayant pour but principal que de 
plaire et de frapper fil Lagination , emploie dans ce 
dessein tout ce que les sentime r io ont de plus bril- 
lant. 

D. Quels sont les moyens dont la poésie se sert 
poui toucher le cœur et frapper l'imagination ? 

R. C'est d'animer tous les êtres , même les plus 
Insensibles , comme les vents et les fleuves , et de pas- 
sionner tout ce qui est capable de sentir, comme les 
dieux et les hommes , en les mettant dans des situa- 
tions violentes. 

Là , pour nous enchanter , tout est mis en usage , 

Tout prend un corps , une aine , un esprit, un visage, 

Chaque vertu devient une divinité : 

Minerve est la prudence , et Vénus la beauté. 

Ce n'est plus la vapeur qui produit le tonnerre , 

C'est Jupiter armé pour effrayer la terre. 

Un orage terrible aux yeux des matelots, 

CVst Neptune en courroux qui gourmande les flot». 

Echo n'est plus un son qui dans l'air retentisse , 

C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. 

Ainsi , dans cet amas de nobles fictions , 

I*e poëte «'égaie en mille invention», 



f '4 

Orne . élève , embellit , agrandit toutes clioso», 
lit trouve sous» aa main des fleura tonjov . ' sc|. 

Boihau. 

D. Sur quoi cet art cst-il fondé ? 

R. Sur la facilité que l'homme a de se passionner 
à la vue des objets tendres et touchant , et sur le 

plaisir qu il y trouve. 

De la Poésie lyrique. 

D. Quelle est la poésie régulière qui fut mibe en 
usage la première ? 

jR. C'est la poésie lyrique. Les hommes trans- 
portés d'admiration pour les merveilles de la nature , 
et de reconnaissance pouf leurs héros, menèrent au 
$on des instrumeus , des paroles vives et animées , 
qui exprimpient les senti mens de leur cœur , faisant, 
pour fordinaire, parler dans leurs chants L'ennemi 
vaincu, qui un moment avant sa défaite, se pro- 
mettoit la victoire , et ggûtoit par avance le plaisir 
de la vengeance. 

D. Quels sont les poètes qui sent les plus distin- 
gués clans ce genre de poésie ? 

R. Pindare et Horace parmi les anciens ; Mali- 
herbe et Rousseau pai 

D. Quçst-cc qui fait le caraçi 

JR I flOUS IV ttl 

pou i un 

torreni im] tu qui; i g % " ^ c 

, se pic 



65 

plaines ; et tantôt comme un aijle , qui aime à se 
perdre dans les airs; enfin , comme un poète ini- 
mitable qu'on doit admirer sans entre: prendre de 
1 imiter. 

D. Quel est le caractère dTIorace ? 

R. Plus tendre , plus gracieux que Pindare , il 

paroit moins fait pour peindre le fort et le terrible , 
que pour le beau et le gracieux. L s'élève cependant 
de temps en temps , et le fait toujours avec force et 
avec grâce. 

D. Quel jugement doit-on porter de Malsherbe ? 

R. Fidèle imitateur d'Horace , il en a pris i heu- 
reux tour et la naïveté. Il a su , comme lui , rekver 
les moindres objets par un Usage sobre et modéré de 
la fable et de l'allégorie ; il s écarte a\ec art de son* 
but , et ii y revient sans peine. 11 est ie premier en 
France qui ait. mis en usage ces heureuses suspen- 
sions , qui font presque tout le sublime de Iode. 
Enfin , il n'a rien omis dans ses ouvrages de tout ce 
que l'art a pu lui fournir , ei ii en paroit plus dans ses 
poésies que de fin e: de génie. 

D. Quelle idée a-t-on conçue de Rousseau? 

R. Rousseau , le Pindare de nos jours , a réuni 
toutes les qualités qu'on attribue à l'ancien : 'efeu, 
l'enthousiasme, le pathétique. Avec quelle noblesse 
et quelle grandeur ne fait-il point pailer le Seigneur 
dans !>es cantiques! De quel éclat ne fait- h point 
retentir l'Allemagne, lorsquilen dépeint les troubles 
et les agitations! Ouci.e forte et quels traits contre 

■s* 

la fortune et ses adorateurs! Nul na montre un p. us 
riche fonds , une plus grande variété d id.es sublimes 
ou riantes; nul n'a mieux su que iii ennoblir et 
Suite du Plan <£Imtructù , i lique. E 



66 
ichii un sujet de tout ce qu« irç a de plus 

beau et de plus, g . . comme 

lui , i.;.i r I4 

D. N'avons-nous point eu d'autre: , 
soient 

R. De la l ' parmi une grande «des 

qu'il a composées , en a i 

■ ■ • 

est trop fre 
cou liste ( 

I unes au bout des 1 - . : » feu ei tant irua- 
ation. 1 . Rousseau a d 

Si pour tout qu tim 

Du Pinde ignora i.r ! ra , e t< . 

D. D'où Ja t tife-t-eile son origine? 

R. De la p< 1 rj est s • 

connue. Icarius , à qui Llca it son nom, a- 

trouvé un bouc dans une vigne qu'il i vel- 

Iement plantée, et dont il ravage oit ies ices 

espérances, en fitsur-le- un sacrifi :c à B 

Les témoins, ravis de ce sp< t ; . 

l'avoit Fait naître , se mirent à d; itouï de la 

vi ime , en chantant les louai es >. . hus. Ce 

t plut , et de t en 
dans toute la Grèce une ce -en- 

droit, co 

19 , et corn t i > 

1 rrompre le 
d ui ' 

qui du 
de labié r; ■ 
plurent, et, d'aece loirei i nen >ord r , ils 



. 6? 

devinrent bientôt leprineipa«l. Ain . m\quii la tragédie, 
au milieu des tian.es et des festins. 

D. La tragédie resta-t-elle long-temps dans ectt* 
enfance ? 

R. On s'apperçut biente t qu il manquoit eu. 

chose à ces récits, clans lesquels on faisoit sou 
parler ceux dont on racontait les belles actions, et 
que l'imitation seroit beaucoup p'us parfaite si on 
evoquoit les mânes de ces grands hommes, et qu'on 
les fit parler et agir entr'eux en présence des auditeurs. 

D. Oui fut Fauteur de cette invention? 

R. Achille, fameux capitaine grée, qui comman- 
dent en chef à la bataille de Saiamine , et qui, au 
retour de son expédition, s occupa à représenter sur 
le théâtre le malheur clés ennemis ou il venoit de 
vaincre, mais avec une ardeur qui tient plus de la 
fureur que de l'enthousiasme poétique. 

D. Qui perfectionna la tragédie des Grecs? 

R. Sophocle qui , en corrigeant la grandeur gi- 
gantesque d'Achille, conserva toute la ne: s qui 
convient aux personnages de la tragédie. Ii eut pour 
rival Euripide , dont la douceur et la tendresse sem- 
blent faire le caractère , comme la force et la gran- 
deur doivent faire celui de Sophocle. 

D. Qu'étoit-ce que le théâtre latin? 

R. CVioit une altération du théâtre grec, où l'on 
ne voit ni cette science du théâtre , ni ces meeu 
ni cette vraisemblance si aimée des Grecs. Mi , , si 
les Romains n'ont rien produit de parfa ; dai igé- 

die , ce qu'ils nous ont laissé a donné lieu ip quelque 
sorte à l'origine du théâtre Français. C est de Sénèqùe 

E 2 



61 

et de Lucain que Corneille a tire ses plus grandes 
beautés, et dcTércnce et de PlautC que Molière a pris 
ses plus beau? * i es. 

D. Que savez -vous de la vie et des ouvrages de 
Corneille ? 

R. Pierre Co-neille , né à Rouen le 6 juin if»o6, 
vint au monde lorsque la passion pour le théâtre étoit 
la plus vive et la plus générale. Richelieu , par 1 ému- 
lation qu'il savoit répandre parmi les esprits , avoit 
mis tous les poètes de ce temps en goût de travailler 
pour le théâtre. Corneille , après avoir exerce quelque 
temps la charge d'avocat - général à la Table de 
Marbre , sans faire connoître au public et sans c 
noître lui-même le talent extraordinaire qu'il avoit 
pour la poésie , se lassa de lutter contre son génie et 
se mit à faire des pièces de théâtre. Ses premiers c 
eurent un succès si prodigieux quils firent o 
une nouvelle troupe de comédiens , et qu ils effacèrent 
tout ce qui avoit paru jusqu'alors. La critique qu'on en E t 
ne servit qu à lui faire enfanter ces prodiges de théâtre, 
les Cid , les Horaces , les Cinna , les Polieucte , et 
tous ces autres chef-d'eeuvres qui paraissent surpasser 
les efforts de l'esprit humain , et qui le mirent pour 
jamais au-dessus de l'envie, u II n'est pas aisé , dit 
Racine, dont les paroles ne doivent pas être suï pectes , 
sur-tout en parlant d'un rival ; il n'est pas aise de 
M trouver un poëte qui ait possédé à la fois tant de 
• • prands talens , tant d'excellentes parties . Tau, la 
99 force . le jugement , L'esprit. On m 
99 mirei la noblesse, L'économie dan.- les sujets, la 
99 véhémence dan* les passions, La gi vite dans les 
19 senti mens , la dignité, et en me me temps la pi 
jj digieu^c variété dans les caractères, etc. il 



6g 

Corneille fut reçu à l'académie française en 1647; 
il étoit le doyen de cette compagnie , lorsquil mourut 
en 1684, âgé de 78 ans. 

D. Oui disputa la palme à Corneille ? 

R. Racine , dont le cœur tendre et sensible remplit 
tout le théâtre de larmes et de soupirs. Moins fort 
et moins élevé que Corneille, il frappe et surprend 
moins ; mais il est plus soutenu , et sans nous causer 
ces frissonnemens qu'on éprouve quelquefois dang 
Corneille , il nous occupe et nous attendrit davan- 
tage , sans nous laisser jamais languir. 

Despréaux a fait ces quatre vers pour être mis au 
bas du portrait de Racine : 

Du théâtre français l'honneur et la merveille > 
Il sut ressusciter Sophocle en ses écrits ; 
Et dans Part d'enchanter les cœurs et les e*pritfc r 
Surpasser Euripide , et balancer Corneille. 

D. L'Angleterre n'a-t-elle pas eu aussi des poètes 
tragiques ? 

R. Erle a eu Sahespéar , dont le génie théâtral 
produit de temps en temps des coups de théâtre ad- 
mirables ; mais qui , faute d'être guidé par aucune 
règle et par aucun principe , tombe tout à coup dans 
des plus grandes absurdités : c'est un or chargé de 
crasse, qui n'a point passé par le creuset, et qui, 
tandis qu'il restera impur, n'est qu'une masse informe 
et sans régularité. 

D. Quelle différence y a-t-il entre la tragédie cl 
la comédie? 

A. La tragédie ne présente que les actions et hs 

E3 



a peur 

en . pu 

et la ] ■( 

c 

D. « rc , le créateur i 

R , le modi 

es , donna un plan régu i i - 

et renn une a^ iplc et unique les 
Irai a de la; sat} rc. 

D. m-ce que les pi Iques? 

R. C é »icmt >ns de faits les, 

on les noms, Les habits , les >tes et ic r ics- 

sembioie à tous ceux que le p 

ex losoi 

joua eu plein Û éa re Péricle 5 et Alci les pre- 

miers généraux d A 

D. Que produisit la défense de citer les rc 
d'emprunter les gestes et les habits de ceux q 
sur la s, n< . 
P.. 1 'art n'en Ieux. 

On > ••■• 

et si • ' • • s . c- 1 

- 
1 
ble , 1 

pbur 1 
i • 

l t, La cnédie en 
réduit la 

R. On lui défetu es ; 



7 1 
de $01 te que les poétesse virent obligés de produire 
sur la scène des sujets et des noms de pure inven- 
tion : ce qui épura émir èménl édie , et acheva 
dt a ] i F< cai pi *' la elle devint une i^cole 
où tout le monde p it s i aire avec i-.ut , et sans 
nuire à la réputation d autrui. 

Chacun , peint avec art dans ce nouveau miroir 5 
S'y vit avec plaisir , et crut ne s'y point voir: 
L'avare, des premiers, rit du tableau fidèle 
D'un avare souvent tracé sur son modèle 5 
Et mille fois un fat , finement exprimé , 
Méconnut le portrait sur lui-même tracé. 

D. Oui sont ceux qui se sont distingues dans ce 
genre noble de comédie ? 

R. Aristophane dans ses dernières pièces , et Me- 
nai"! dre parmi les ( Plante et Térence parmi 
les I atins. On voit dans Aristophane et dans Fiante 
ie même feu , le même génie , la même fertilité en 
bons mots , et la même fécondi é des sujets heureux 
et faciles à se développer, Pour Ménandre et Térence, 
ils sont moins ingénieux et moins facétieux que les 
■ premiers; mais aussi ils ont plu: de naturel, 
de politesse et de finesse. Il étoit réservé à Moîii 
de reunir tout Fesprit et la vivacité d'Aristophane, 
avec L'élégance et la dé'icatesse de Térence. Heur. 
s il n'en il pas encore souvent pris la licence et 
quelquefois les ordures ! 

D. D'où la tragédie et la comédie ont - elles pris 
leurs . 

R. Du ! épique ; car le • [u'on 

aucune i'u du théâtre , Homère i 



7* 
son Iliade , sur laquelle se moulèrent les poètes qui 
vinrent cd suite, eu sorte i oiue ia 

nature du poème épique , | ^oir celle uu poème 

dramatique. 

D. Oui fut l'auteur des lois et des règ1< s du poëme 
épique ? 

R. Homère , le plus grand de tous les poètes. 

D. Comment Homère a - 1 - ii dû raisonner pour 
formel le pian de L'Iliade ? 

R Supposé qu'il soit vrai qu'il ait été lui-même 
son guide et son modelé , voici quet a du cire son 
raisonnement. Les hommes ai i naturel le mei t à 
être remues et agités; inventons donc des ressci ! 
capables de les remuer et de les ébranler ; mett i s 
des hommes dans des situations propres a toucher 
les pius insensibles ; qu'ils se soient jetés dans ces 
extrémités , non par des crimes , parce que , ne nous 
sentant pas cou; ib s des me» .nous nous 

croirions moins en dancrer de tombei dans les mêmes 
malheurs ; mais qu'ils y soient seulement tombe; 
leur témérité et par des foibiesses qui soient commu- 
nes aux homme ; . Non content d'avoii mis dans des 
états violens mes principaux personnages , inu i 
encore à leur fortune ce quil y a de plus 
d s le monde . en les faisant i i de quelque 

divinité : intéressons-y même les dieux et les dées 

jons en mêm vices. < 

les élémens. 1 ut vivra , tout 

: rie. Ajoutons un nouvel intérêt , qui noui 

lc de plus en plus à ces prim ipaux personna 
qu ils soient les ancêtres i n dateurs de u 

qui je veux plaire ; donnons - leur en mem* - 1 



73 
peur adversaires ceux que nous haïssons et que nous 
avons en horreur ; enfin , pour fcrivover mes lec- 
teurs contens, rendons heureux le dénouement de la 
pièce , en la finissant par représenter m s principaux 
acteurs moins malheureux. Mais ia vie de I homme 
esc courte, et ne s étend pus bien luiu ; faisons donc 
1 action du poème d une étendue à pouvoir être ap- 
perçue du premier coup d'cei. ; qu'elle soit une , 
parce que , s'il y en avoit plusieurs , toutes ensern 
ne produiroient point l effet que je recherche, de 
tenir en haleine et dans l'inquiétude l'esprit du lec- 
teur jusqu'au boui. Telles sont ies lois du poème 
épique : ce sent aussi celles de la tragédie , si vous 
en retranchez [intervention des dieux , et si vous y 
ajoutez que l'action se nasse en un seul jour et dans 
un seul lieu , parce que des personnes assemblées 
dans un même endroit , pendant deux ou trois heures, 
ne s imaginent pas aisément qu il se passe devant eux 
des actions dune année, et qui s'exécutent en dii- 
is pays , et parce qu on a encore plus de peine 
à croire que des esprits célestes se rendent visibles si 
facilement , et aux veux de tout le monde. 

D. Homère a-t-il parfaitement rempli son plan ? 

R. A l'exception de quelques fautes légères , qui 
ne touchent point à la constitution du poème épie; 
voit dans ses ouvrages , et sur-tout dans Lllia 
l'action ia plus gr:mde , la pins intéressante et ia 
mieux conduite : noblesse de sentimens , charmes 
à la narration, brillant de la diction , riche 
des comparaisons, tout est employé poui relever la 
grandeur de cette action. Enfin , tout plaît, tout 
charme dans cet ouvrage. Au jugement c^ Boileau , 



5 
a ait à \ . rç. 

D. 0,ii sont ce | approc 

Jl. Le 1 asse ; aussfi I s dT! le n 

i 

..i d . ( i 

.udes et a 
. I c v 
que le ] 

seul- à la 

beauté de** son i 

< 
critiques , I( 

pas en coi 
. enec î , et qui 

en rompt t< û 

D. Ou .-■'■ n ? 

■ 

I 
en ce que si 
cou 

la douceur d< races 

il nest in! i i 

[a versifie 



75 
D. Quels sont les ~ i " > :s petits poèmes qui ont rap- 
port au poème è et à l tr; 

R. Les; rinci jont la fable, [\ ie,l ;glogue # 

la tatyre et la chans >n. c est un poëme épique 

en petit, comme I ic n'est qu'une tragédie en 

raccourci. L'élégie peut être rei une 

scène détachée cie ia tragédie . et la satvre est un 
discoui- urroit c nir a un personnage sé- 

rieux de la < lanson n'est qu un bon mot 

emprunté de ia satyre. 

D. Que savez-vous deTorigine de tous ces poèmes? 

R. Esope peut être regardé comme le père de la 
fable. La crainte de déplaire en exposant crum 
la vérité , lui fit avoir recours à ce petit artifice , 
pour se faire entendre sans s'expliquer ouvertement. 
Phèdre rêve lit ces fables de ia pureté de sa diction , 
et la Fontaine les enrichit des traits les plus naïfs de 
son invention. On ignore quel est liauteur de l'élégie. 
Ce ne peut être que la douceur qui ait produit un 
poè'me si tendre, comme il n'y a que la rage et ie 
dépit qui aient inspiré à Archiloque 1 âcreté de la satyre, 
dont on le croit l'inventeur. Il a eu dans ta suite d< s 
imitateurs, Horace et Boileau, qui n'ont guère moins 
de fiel que lui , mais ils font mieux assaisonné. Pour 
nier, ils y gardent moins de mesure ; 
et sans ménager ni les personnages, ni même la pu- 
deur , i ; s décrivent avec ia violence d'un Démosthène 
toute l'horreur du vice. La chanson est née en 
France , et paroît ne se plaire que dans son sol 
naturel. 

D. Quelle est l'origine de L'éçloeùe ? 

R. L'égloguç est un fruit du loisir de la campagne. 



7' 
Les premiers bergers , bien différent de ceux de no* 

jours , dont les soins inquiets i ^en- 

timent que celui de leur miséve , nt à 

chanter leurs propres aventures , n'en connoissant 
point et n'en ayant point d'autres tes. 

Les pus ancienne- iea qui c as :stenl sont 

celles de Theocritc. \ irgiie en a c naïf et 

le délicat : il n v avoit rien à ajouter à cet quai; 
et Fart avoit attcii ' n but ; mais 1 lie a 

voulu encore enchérir sur Vîfgile , et ajoute! à la 
délicatesse le lin et le spirituel , et il a j ar là altéré 
ïe fonds de ce poème , en faisant cl un entretien de 
bergers une conversation de courtisans c spi- 

rituels. Cependant, si on ne trouve pis dans les 
poésies pastorales de Fontenellele style du sentiment, 
on y trouve la vérité cl toute la connoissanec du 
cœur 1 ru ru a in. 

D. Qu'est-ce queiiaVile? 

R. L'idylle , qu'on ne distingue point assez de fé- 
gloguc , n'est c i é flexion , un sentiment moral , 

à la suite de quelqu'objet ou de quelque récit cham- 
pêtre , dont le poète bit la description. Les plus 

^e hous i . sont celles de madame 

Deshouiièics. La i o^sie n'a rien de plus doux at de 
plus gracieux; c'est la fleur de ce qu'il v a de plus 
riant dans la nature : elle en a peu cependant qui 
effacent ou qui ég înt celle qu'Ausone a faite de la 
rose. Etant eutié dans un. • re le matin d'un jour 

de printemps , circonstance que 1; poète de, 
les coul i plus vives , il trouve une r s* .\ 

commencent à se p< premi 

De retour , !c soir, il trouve la mti c I e«i ' • 

ang 



77 

la brièveté de la vie. Une différence qu'il y trouve, 
c'est que les fleurs renaissent chaque printemps , et 
c,ue la vie ne peut se ranimer. Là-dessus il sVcrie : 
a Hâtez -vous , brillants jeunesse , de cueillir des 
99 roses, tandis que vous êtes dans la saison de le 
55 fane , et souvenez-vous que vos beaux jours passent 
55 comme elles. 55 Si les beaux jours passent comme 
la rose, les jeunes gens ne doivent (ionc pas être si 
fiers de leur beauté , ni abuser de ces précieux 
iss tans. 

De F Eloquence. 

D. Pourquoi l'éloquence a-t-elle été postérieure à 
la poésie ? 

R. C'est que l'éloquence , ouîre le feu et le génie 
qu'elle demande dans un orateur , suppose la con- 
noissance de toutes les autres sciences , et la ren- 
contre des circonstances favorables. 

D. Dans quel lieu et dans quel temps l'éloquence 
brilla-t-elle de tout son éclat ? 

R. Ce fut dans Athènes, et dans un temps où toutes 
les circonstances sembloient concourir à former un 
parfait orateur. Les sciences, comme l'art du raison- 
nement , la morale et la politique, venoient detre 
portées à un point où on n avoit pas lieu d'attendre 
qu'on pût les faire monter en si peu de temps. Les 
chef-d œuvres de poésie et d'histoire avoient échauffé 
les imaginations ; les plus somptueux édifices éta- 
loient leur magnificence et leur grandeur dans tous 
le* quartiers d'Athènes ; les plus beaux ouvrages de 
peinture et de sculpture brilloient dans tous les tem- 
ples et dans les places publiques ; Athènes etoit dans icg 



-s 

ibeaux jours de ! < bauf- 

c $ et la 

des < ces cir- 

ot , doue 
d'une grandeur d\ amour 

■ 
. i i A ée ] 

con< 

:s , il tonne , 

> ce feu aces 

de la traductic 

D. ( ) i Faut - il cl sortir 

les ? 

R. A Rome , et clans !ei 1ers s de la 

: 

s 

que par le mérite du , 

on vit < - te : s , au - d cls 
Cicéron s'éleva 

ne c: des Phi • i pa- 

. à son c an ter 

LUt. 

ont les grands ? 

R. Fléchi er 

, le maîti a ne 

ité cl au. 

Tout ce qui est soTti de la ^r 

p r >i r r le cara ère d'une imaginati< i î, 

d'un discernement fin et dé .: , d'une ; c et 

d'une p< litesse ( admire ci^rs ses frai- 

sons funèbxei la pureté du ... , le tour :: 



79 
nieux des pensées , la richesse des expressions et Ia 
grâce du style. Là brillent d'un éclat immortel le* 
vertus politiques , morales et guerrières : là i urenne 
paroic aussi grand qu'il l'étoit à la tète des armées 
et dans le sein de la victoire. 

On ne trouve dans Bossue t , ni autant d'élégance, 
ni une aussi grande pureté de langage que dans 
Ficchier ; mais il a une éloquence plus forte, plus 
mâle et plus nerveuse. le se le Je Hcchier est plus 
coulant, plus arrondi, plus uniforme: celui de 
1 évêque de Meaux est, à ia vérité, moins égal, 
moins soutenu; mais il est plus rempli de ces grands 
sentimens , de ces traits hardis, de ces figures vives 
et frappantes, qui caractériser, les ( iscours. des ora- 
teurs du premier ordre. 1 . st merveilleux dans 
le choix et l'arrangement des mots ; mais on y en- 
trevoit beaucoup dattention pour la parure , c: trop 
de penchant pour L'antithèse, qui est sa figure favo- 
rite. L'évèque de is occupé des choses 
que des mots , ne cherche point à i re des fleurs 
dans son discours , ni à c { .: et l'oreille par le son 
harmonieux des périodes : son te objet est de 
rendre le vrai sensible à ses auditeurs , et il s'en 
acquitte toujours dune manière grande et sublime. 

De Mascaron est moins orné que Fléchier, et 
moins pathétique que Bossue; ; mais il ne laisse 
de tenir un rang très-distingué parmi nos orateurs. 
De cinq oraisons funebres que nous avons de lui, 
la plus parfaite est, i,ans contredit , celle qu'il a faite 
pour Turenne : on peut dire que dans ce discours 
il s est surpassé lui-même. 

Patru est doux , insinuant , pur , clair et 
il aune merveilleuse facilité a bien tourner uu fait, 1 > 



à s'insinuer dans les esprits par la douceur , en pre- 
parant ses i mens. On desircroit seulement plus 

de feu et de vé émencexlanj ici discours. 

Le Maître ménage moins son feu; mais il en a 

de reste . et il sait toujours se soutenir et t. - 

sa chaleur. Ses mouvernehs sont forts et pathétiques, 

joints à une grande abondance de preuves. 

D. Quelles sont les différentes parties d'un discours 
oratoire : } 

R. On en compte ordinairement six; savoir, 
i°. fexorde ; 2 . la narration ; 3°. la proposition et 
la division ; 4°. la preuve ou la confirmation ; j . la 
réfutation ; 6°. la péroraison. 

D. Quel but l'orateur se propose - t - il dans 
fexorde ? 

R, Son principal but doit être de prévenir favo- 
rablement 1 auditeur , et de linstruiie en gros du 

sujet. Ainsi iexorde doit être simple, modeste et 
naturel ; il faut que la matière ne soii q uée 

dans Iexorde, et qu'il y ait une tehe Liaison entre 
cette partie du discours et les autres , qu eue ne puisse 

en être détachée. 

D. Qu'est-ce que la narration, et quelles quali 

lui sont essentielles ? 

R, La narration est l'exposition du fait sur lequel 
les juges doivent prononcer. Elle don donc eue pla- 
cée immédiatement après Iexorde, afin que ks ju s 
soient d'abord instruits de ce qui fait le ; i nent 
du procès. Du reste , ii faut narrer d'une man 
simple, courte, claire et vraisemblable* 

D. 



Il 

D. Qu'est-ce que la proposition ? 

R. La proposition est une exposition simple 9 
courte et naturelle du sujet qu'on va traiter. Sa place 
est à la tête de chaque preuve, et sur-tout au com- 
mencement de ia question principale. Elle sert dans 
le plaidoyer à annoncer ic point qui est à juger , 
ou ce qui détermine 1 état de la question. 

D. D'où se tire la division ? 

R. On tire la division de la nature du sujet , de 
ses propriétés, de ses causes , de ses effets et de ses 

circonstances. 

D. Qu'en tendez-vous par confirmation ? • 

R. La confirmation ou preuve consiste à bien éta- 
blir ses moyens par l'autorité , par le raisonnement 
ou par des exemples. C'est la partie la plus essen- 
tielle de l'éloquence : toute 1 adresse et toute la force 
oratoire y sont renfermées ; le reste n'est que lacces- 
foite , et n'a de prix qu'autant qu il contribue à la 
faire valoir. 

D. En quoi consiste toute l'économie et tout 1 art 
Je lapreuve ? 

R. Il consiste à poser une proposition qui ne 
souffre aucune difficulté , et à montrer ensuite Ja 
liaison de la proposition contestée , avec la vérits 
de la proposition incontestable. Ainsi le but de l'argu- 
mentation est de prouver une chose qui paroît dou- 
teuî-e , par une autre qui passe pour certaine. 

Outre le raisonnement , il faut que l'orateur em- 
ploie le ressort des passions , quand il s'agit de 
surmonter la résistance de l'auditeur. La raison sait 
Suit: du Pian d'Instruction publique. F 



Si 
convaincre ; mais c'est la passion qui touche le cœur, 
qui !'■ i.Miue, cl qui persuade: Pour cela, il iaut 
pi rictrer i i qu'on traite. BC t c » c ir 

f!cs i^Mii;s de ceux pûui qui Lob s'intéresse , se 
même eu i: n p. ace , et parler pour eux comme si 
i- u pari oïl pour, sa propre cause, 

D. Ou âppcTcz-vôus réfutation? 

R la réfutation consiste à détruire les principes 
sui lcsqncU I ai; çs preuves, 

D. Quelles sont les Fonctions de la péroraison? 

R. Elle en a de deux sortes. La première con- 
siste à faire une courte i ila ion de? 
paies pieu--e>. LaawcJBrtidejost destinée r à exchetti 
Tarne (1 r> i !/$ sentimens qui peuvent conduite 
a la pets afci n. La p't'iiu'rc demande beaucoup de 
pre isioU , 'adresse et de i Binent, pour ne 
fin: ce" c | • i ' i ; font , e: pour rappeler eu peu de mots 
1 "• ->e'uicl et la (tfbita ice des inovens qui établissent 
]a cause ; mais I éloquence réserve sa plus grande 
force pour !a secon e : c'est par le secours du pa- 
thétique qui v régi e . quelle domine, qu'elle triom- 
phe, et que. le assure son empire. 

D hf Peinture et de là S 

I>. O-iont de commun avec la poésie et 
ou " n ' -intuic, la sculpture , ia musique et 

i.i ii t\ re î 

R. Le fc i , le geuie , l'enthousiasme qui doivent 
animer k peinuc - -b:en que le ; te : car les 
poètes ne montent pas seuls sur le 1 - . les 

grands musiciens ci les grands peintres y ontaussilcur 



place. Il ne Faut pas moins de génie poétique pour 
peindre Lei actions de nos guerrievï soùs I buis XIV , 
comme Lebrun le! es , < eVatcrire en 

vers. Il ne Fall dame p 

dresser le plan de la faça le du Louvre , que pour 
Faire la description du palais de* Neptune, ou du 
temple de Junon , qu'on lit dans Homère et dans 
Virg .. 

D. Quelle a été l'origine de la peinture? 

R. Voici ce eu en dit Piine : et Ouant à l'ontrine 

± --w S 

»* de 1 art de la peinture , on ne trouve ta-dessus qu'in- 
91 certitudes e: contradictions. Les Egvptîcris sou- 
53 tiennent quelle fut inventée chez eux six mille 
35 ans avant que les Grecs en eussent la moindre 
îî connoissance. Gn sent là vanité et le peu de l'on- 
»3 dément de cette jactance égyptienne. A l égard 
5) des Grecs, ils prétendent , les uns quelle fut in- 
î> ventée à Sicycnc , les astres à Côfinthe 35. 

Le même auteur dit plus bas: c< Lart d exprimer 
3) en relief et en entier tous 1rs objets avec de la. 
3 3 craie ou de l'ârgiue , doit sa première invention 
93 à Dibutade , potier de tcire , Sicvonien , établi 
*3 à Gorinihe , grâce toutefois à sa iiiie ; car celle-ci 
33 étant éprise d un jeune homme qui partoit pour 
55 un long voyage , traça le pourtour de 1 ombre 
35 profil de son amant sur ia muraille, à la lueur 
33 dune lampe. Son père, sur ce même dessin , 
33 plaqua de Targille, exécutant cette image en jre* 
33 lief , sur le dessin trace; parts mettant ensuite 
33 cette argille durcit au four avec ses autres pote- 
33 ries , il eut ainsi le premier tvpe en terre cuite 33^ 

Il dît ailleurs: a La peinture par 1 entremise d§ 

F 2 



u 

nia cire et du feu, est une invention (Jcru fau- 
ji teur est incertain >», 

Sans s'amuser donc à rechercher une origine qui 
se perdoit dans les ténèbres de L'antiquité, dès îe 

temps des Romains , on peut dire avec ioudement 
que la peinture a pris naissance en même - temps 
que la sculpture , puisque 1 une et lautre ont le dessin 
pour principe , et que la dernière étant en usage 
dès le berceau du monde , la peinture etuit vrai- 
semblablement de la même sorte. Elle a pu dispa- 
roître et se remontrer suivant irs différente* révolu- 
tions ; car il est probable que même dans le* premiers 
temps elle se^t éteinte et renouvelée plusieurs fois: 
et que ceux à qui on en attribue l'invention , n'en 
ont été que les restaurateurs. On trouve dans Pline 
tout ce qu'on nous dit aujourd'hui des ruches de verre 
ou de corne, des poiti.v.tD à la Silouette, de l'élec- 
tricité , et de mille choses qu'on nous donne pour 
des découvertes toutes récentes. Combien de secrets 
de médecine confies dans les recettes des anciens , 
ont lait la fortune de nos médecins modernes' 

D. Que dit-on de 1 habileté des ancien: peintres? 

R. a On îaconte , dit Pline , que Parrhasiu» entra 
i> en lutte avec Zeuxts ; que ceLui-«i exposa dans 
** cette lutte un tableau représentant des grappes dt 
»? raisin, peintes tellement au naturel, que les oi- 
>5 seaux venoient les becqueter sur lechafaud ; que 
i» de son côte Parrhasius produisit un tableau repre- 
9* sentant une toile avec tant de vérité 9 que Zcuxis, 
49 tout orgueilleux du succès de ses grappes , et du 
5) suffrage des oiseaux , demanda avec instance 
%i qu'on levât enfin cette toile pour voir ce qui etoit 
99 dessous ; et qu'ayant reconnu son erreur , il s'avoua 



«s 

n ingénument vaincu, d'autant qu'il navoit trompe 
u que les oiseaux et quePanhasius avoit troirpéun ar- 
m tiste tel que Zeuxis. >? Ces deux grands hommes vi- 
voient au siéclt d'Alexandre-lc-Grand. Ils étoient aussi 
contemporains avec l'amphile , Timanthe , Àpellcs et 
Prof gène , dont les ouvrages et les noms seront im- 
mortels. Avant Apeiles , les peintres n'employoient 
dans leurs ouvrages que les couleurs primitives ; mais 
celui-ci s'avisa de composer ics couleurs , de les con- 
fondre avec mesure, et d'imiter par ce moyen toutes 
les nuances de la nature. 

D. Quel avantage la peinture moderne a-t-elle sur 
les anciens ? 

R. Le grand avantage de notre peinture , est le 
secret de peindre à l'huile , au lieu que les anciens 
ne peignoient qu'en fresque. Ce secret fut trouvé par 
Jean de Bruges, il v a environ trois siècles. Par là 
on a trouve le moyen de donner aux couleurs plus 
de durée , plus d'union et plus de douceur. On re- 
garde encore aujourd'hui comme une merveille le 
tableau des vieillards adorant l'agneau , sujet tiré de 
l'apocalypse , que Jean de Bruges fit avec son frère , 
pour l'église de Saint-Jean de Gand. 

D. Quel autre secret les peintres modernes ont-ils 
trouve ? 

R. Ce secret est de faire plafonner Us figures , 
çest-à-dire de les détacher de la toile , et de les 
mettre en l'air. Ce secret fut mis d'abord en usage , 
au moyen du clair - obscur , par un des Carraches , 
qui ont tous t'roii dessiné d'un grand goût , et ont 
formé d ex celle ns peintres. 

li n'y a personne qui n'ait entendu parler de la 

F 3 



u 

crlèbrc Vctiui \\ , - - 1 

p . , rue toute autre c h ilte de i i 

'< ui i' t ire encore celle 

de ï * n voit à V . Le tableau 

la tran^figui Raj , qiii \ 

X , C S L | I ; 

C'est U q es rtflets 

s, qui ■ irer des objets, qui, d un 

bissent i 
Ce - la ' dcsci nie de 

Daniel de * - , et la communion de 

du Dominicain , passent pour les trois 
v Rouie. 

D. Combien v a-t-il de soitcs de Gravures ? 

R. Il v en a de deux sortes : la gravure en c 
ou 1 art de frapper les médailles; et la en 

ucc, ou 1 art des estampes'; 

D. L'art, de happer .. aiiics est-il fort ancien ? 

R. J r des d es est non-seule- 

ment ti mais il 

nèment a une grande perfeeti c Sont i 

p©u • r pari i I ancien temps , 

«t s ur-nmt ] ar celles qui ont été faites SOUfi 

. r t , < 
les a : i. e , et il faui 

s ci/.'. 
la ; 

I 
1 , ne fui ; ai moii ï 1 Le siècle de 

s .' LV i ex.( < 

en .touic wrc < hpse. 



«7 
D. Quand a - t - on trouvé la gravure en taille- 
douce ? 

R. La gravure en taille- douce, est très-récente, Ce 

fut à Florence qu'on en fit les premiers essais sui 
planches de bois. Pc nées agrès , on errvpl.pya des 

planches de cuivre , et les estampes en reçurent | 
de douceur et d'agrément. I , on inventa la 

vure à feau forte : par là on rendit la gravure ai 

pie que la peinture aux giands dessins et aux 
grandes ordonninccs. 

Le3 plus habiles oraveurs sont Leclerc , Picard , 
Nantcuil, Caliot, et quantité d autres, dont - rnpçs 

sont répandues par - tout. Nantcuil excellait dans la 
portraiture. Callot avoit le talent de rerieimer dans 
un très - petit espace une n.h nté c ob eis, et d'ex- 
primer en deux ou ti ois coups de burin les gestes, 
les attitudes et toutes les passions de ses peison-» 
nages. 

De r Architecture. 

D. Quelle est l'origine de l'architecture et de ses 
quatre principaux ordres : 

R. Dorus avant bâti un temple à Junon dans la 
^ r ille dfArgos , 1 arrange lient des parties en parut si 
bien enten lu , les dimensions si justes et les prrîe- 
inens dun si bon goût à ou on le prit ensuite pour 
dèle , et cette première manière de bâtir fut nom- 
mée ordre Dorique : c'est celui qu'on emploie ordinai- 
rement dans les grands et vastes édifices, où. la deli- 
catesse des ornemens pafoftréit déplaire. On recon- 
noît cet ordre à sa simplicité ; il n'a aucun ornement 
sur la base ni sur son chapiteau. 

F 4 



Dans la suite , lorsque les Ionien» bâtirent le fa- 
meux temple de Diane, ils voulurent joindre à II 
noblesse ])lui d'élégance et de recherches : en consé- 
quence , ils ornèrent In chapiteau de volute! , et in 
corniche de dendcules , et formèrent par la un nouvel 
ordre , qu'on nomme «i die Ionique. 

Ctlimachus , célèbre sculpteur d'Athènes , sétant 
avisé de changer quelque chose à ces deux ordres , et 
sur-tout d'orner les colonnes d'une branche d'acanthe , 
idée qui lui eioii venue à la vue d un pânnier qu'on 
avoit mis surlc tombeau d'une jeune fille de Corinthe , 
autour duquel s'elevoit une plante d'acanthe , donna 
occasion a un troisième ordre d architecture . qu on 
nomma ordre Corinthien. Cet ordre estic plus délicat 
et le plus riche de tous les ordres d'architecture Son 
chapiteau est orné de deux rangs de feuilles , de huit 
grandes volutes , et de huit petite*. Sa corniche est 
ornée de modifions. 

Enfin, les Romains firent un quatrième ordre du 
mélange des trois premiers , retranchant de 1 un , 
empruntant de l'autre , ajoutant à tous les deux. Cex 
ordre s appelé Composite , parce qu'il participe de 
l'Ionique et du Corinthien. Cet ordre Composite a 
son chapiteau orna de deux rangs de feuiiies imitées 
de Tordre Corinthien , et de veloutés prises de 1 ordre 
Ionique; sa colonne est de dix diamètres de hauteur, 
et sa corniche a des denticuies ou modillons simples. 
Lorsqu'on fait usage de dilrerens ordres , on a so;u 
de placer le plus delicat sur le plus solide. 

D. Quels sont les plus beaux ouvrages d archi- 
tecture J 

R. in des plus beaux , du moins paimi ceux qui 
nejus ic-ieiu. e|( le temple de Juics-Ccsar, qu'on voit 



8 9 

encore en partie à Rome. Les chapitaux corinthiens 
qui restent en entier, font juger de l'élégance, de la 
staiplicîté et delà gtandeur de tout 1 édifice. Le théâtre 
de Marccllus et le panthéon sont encore regardés 
comme des chef- d'oeuvres de fart. Le temple de 
Jupiter-Anxur , bâ\i par Vitruve. c^t dans le même 
goût. le temple de la paix, que fit bâtir Vespasien, 
et qu'il orna des dépouilles du temple de Jérusalem, 
est encoïc le plus riche et le plus grand qui soit à 
Rome. 

D. Que fu-on en France lorsqu'on voulut t établir 
l'architecture, qui avoi tête étouffée sous les ornemens 
gothiques ? 

R. Les architectes se rendirent à Rome, et dans 
tous ics lieux où il restoit quelque trace de l'ancienne 
architecture. Us remarquèrent les belles proportions 
qui régnoient dans ces édifices t l'usage sobre e; 
modère avec lequel on y a employé les ornemens ; 
et ils revinrent avec le goût et l'idée du beau, qu'ils 
imprimèrent dans tous leurs ouvrages. 

D. Quels sont les premiers ouvrages d'archi lecture, 
où Ion vit renaître les beautés naturelles et ic goût 
des anciens? 

R. Ces ouvrages sont !a fontaine Saints-Tnnocens, 
chef-d'ecuvre dont le plan fut tracé p~r 1 escot, abbé 
de Ciugny, et orné par Gougecn des plus précieuses 
sculptures; le palais des Tuileries, bfui par de L. ormes, 
successeur de Lescot , sous la reine Catherine de 
Médicis ; 1 Escurial , dont Lodis Defoix , parisien, 
donna le plan, qui fut préféré à tous ceux des autres 
architectes d'Italie et d Espagne. 



90 

D. Quels sont le ivres de l'architecture 

1\. Ces cl i.s lont Le Luxembourg, de 

] o'i . es , < 

: 
du Louvi 

] arc . richesse •< 

gnificence. 

r • 

13. Qu'est-ce que la i 

R. G est limit 
pour exprimer is ; et cora 

s exprime mieux 
joie que par . 
natureUemei 

D. Quelle preuve av« -v< . 
ni tie ancicj ne? 

lé . 
elle mpdéroii cl < citoit à son 
baita:;^. Tii 
< 

dence de 5 s ail s 

de i ami u pi >ur àppaîsci I a- 

voi( ut j e qu i a 

jolie de la I - rentre 

dans i 



D. i 

•u ; qu'on ia< i □ t de ■ - 

R. On ne peut ibuci :tsi 



9 l 
génie, letc Jcs premiers maures de musique, 

et à la vivacité du sentiment qu'ils i^pandoient dam 
leurs compi ;iti< ns , ; lis c la n étoit dé- 

pourvue -là ii capable .ic faire par 

elle-même ces ions extraordinaires qu on lui 

attribue. 

D. Quel est le g-and avantage de la musique mo- 
derne sur l'ancienne? 

R. Ce gran âge sont.les accords qu un moine 

bénédictin d'Italie trou\»3 yeis le onxième siècle, au 
moyen ique imite ce qu il y a de plus 

grand et de dans la nature , le bruit du 

tonnerre , les cris ces ce. et des mourans , 

et le mugissement de la mer en courroux. 

D. Oui se servit le premier de la musiqui dans 
les combats ? 

R.. Osiris , roi d'Egypte , qu'on croit être l'inven- 
teur des tymbales et des trompettes. 

D. De quelles marques se servoit-on dans les com- 
mencemens , pour indiquer les differens tons de la 
musique? 

R. On se servyoit pour ce T a des premières lettres de 
1 alphabet. Ce ne fut que long-temps après que G 

. rezzo , moine t .:n , s'avisa de les marquer 

par des points d js sur des lignes paraiièles. 

a rès , un parisien , nommé Jean de 

Meurs , en marqua la valeur par la distinction des 

. et par quelques crochets qu'il 
y ajouta. 



I V l\ir quels degrés les il I ' S par- 

\ enos à leur pci fection ? 

R. Les arts sont parvenus à leur plus grande peï- 

lutiun , non pai des progrès lents ci tardifs; a 
lout-à-coup , ci sans que ce grai â jour ait été pré- 
cédé d'aucun Crépuscule. Dans Athènes, le meme 
ho^uie pouvoil se trouver aux Leçons de ^ocrate et 
de Plaron . aux pi< • - 1 Aristophane et de Sophocle , 
c? tux haîangucs d< Démosthèncs. Auguste se van- 
toit d'avoir chang< toute la façade de Rome, cl de 
l'avoir revêtue de mai 'bre ; c Vst-à-dire qu il avoit vu 
renaître les Sculpteurs , les peintres et les architectes, 
comme il avoit vu naître les poètes et les historiens. 
Au commencement du quinzième siècle, toutes le* 
écoles lameu.es de peinture se formèrent presqu en 
même- temps, à Rome , a Gênes, à Venise et à 
Florence. Enfin, ce ne Fut guère que depuis i( o 
jusqu'en 1680 , que parurent , sous Louis XIV , les 
plus grands artistes ,r les pi - beaux génies de ce 
sî( cie. 

I). Quelles : nt été les causes de 1 état florissant 

ce* science» et dei beaux arts? 

". On ne pei rc en assigner d'autres, pour 

le temj s d'Aug Léon X et de Louis XIV , 

que l'ardeur avec laquelle or. s'appliqua à étudier 

tous les anciens monumens de peinture cl d'archi- 

1 ■ oient dam l'antiquité; ardeur que le 

» des g cires précédentes . et une certaine 

( ation dame , causée par les m «mes succès . 

luis tous les ceeurs. Quand Rome , dît 

s pien à craindre de Carthagc . 

en commença à lire les Grecs , et on tâcha de les 



9* 

imiter. Du temps de Léon X, l'impiiincric , qu'où 
venoit de trouver , multiplia les copies des bous 
ouvrages , qu on ne connoissoit presque plus ; et ou 
s'appliqua avec une ardeur incroyable à ies com- 
prendre et à les imiter. 

Celui de nos poètes qui a le plus contribué au 
îcuouvellcment de la poésie, n'a fait que prendre 
les dessins et le tour des anc'ens , dont il copie sou- 
vent jusqu'aux, expierions. Pour les Grecs . ils ne 
furent* redevables de la perfection où ils portèrent les 
arts, quà la force de leur génie, soutenue par ies 
idées de grandeur que ieur donnèrent l'état florissant 
de leur République , et les succès brillans de leurs 
armées. 

D. Quelles ont été les causes de la décadence des 
arts , et sur - tout des beaux arts d« i tous ies 
temps ? 

R. L'extinction d'une certaine chaleur, dont les 
esprits sont toujours animés sous un règne florissant. 
L'envie de se distinguer de ceux qui nous ont pré- 
cèdes, et le goût d^i meilleures choses, qui ne piquent 
plus lorsqu'elles n'ont rien de nouveau , le soin trop 
scrupuleux de limer et de polir son style , afin de 
suppléer par ie bridant de 1 expression au défaut des 
grandes choses et des grands sentimens. C'est ainsi 
que dans la Grèce , lorsqu'elle fut devenue tributaire 
des Romains, n'y ayant plus de lois à réformer, 
ou de guerres à conseiller , les orateurs traitèrent 
des sujeis de parade peu intéressans par eux-mêmes , 
et que pour cela ils tâchèrent de relever par l'éclat 
de la diction la finesse et la nouveauté des pen- 
sées, 



94 
D. One devons-nous Paire p >ui | 
deucc du bon eoût et des br. ux arts ' 



11. Il faut tourner son esprit vers Le grand. 

devons sur-toui j ta de 

la nouveauté et 1 éclat si it du beau t. 11 

faut ne point nous éloigner de la route qu'ont tci 
les écrivains qui, depuis long-tc it pour 

des modelés parfaits, et qu'on regard-e comme la 
source du bon goût; n imiter parmi les nouvea 
que ceux qui leur ressemblent , et qui travaillent 
dans le même îrout de la nature. 



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DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. 



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